Je continue dans la
série des romans adaptés au cinéma avec PS : I love you de Cecelia Ahern. Avant de le débuter, j’ai donc regardé la bande-annonce, qui fleure bon la comédie romantique pour filles. Le genre de films qu’on va voir avec un paquet de mouchoirs dans le sac parce que l’histoire d’amour impossible qui fait mal fait
toujours pleurer les femmes… J’ai donc attaqué le roman en me disant que je prenais le risque d’être déçue et surtout, que je risquais d’avoir l’impression de lire de la littérature d’adolescente
pour trentenaire… et bien pas du tout ! J’ai passé un bon moment.
Gerry, le mari de Holly, décède des suites d’une tumeur au cerveau. Après son décès, Holly reçoit un paquet de 10 lettres avec pour consigne d’ouvrir
une lettre par mois dans un ordre établi : chaque lettre sera un « défi » que lance Gerry à Holly pour la raccrocher à la vie. Bien évidemment, il termine chacune de ses lettres
par la fameuse phrase PS : I love you. Les défis sont aussi divers que variés (ils vont de se débarrasser des affaires de Gerry, à aller chanter dans un karaoké ou acheter une lampe
de chevet) mais ils poussent tous Holly à prendre sur elle pour retrouver le sourire, à se réapproprier sa vie de trentenaire, à vivre tout simplement…
Ce n’est pas un livre larmoyant ou triste, bien au contraire (Il me semble, en revanche, que le film l’est). Il y a beaucoup d’épisodes bourrés d’humour, il
y a un mariage, une grossesse, une famille unie, et de beaux liens d’amitié… C’est un livre profondément optimiste qui parle de la difficulté à continuer sa vie après un décès ou, plus
généralement, une séparation. « Perdre quelqu’un qu’on aime, c’est toujours une épreuve » et le roman nous raconte cette épreuve, comment Holly va apprendre à reconstruire sa
vie, à l’organiser sans celui qu’elle aime, à gérer sa solitude sans se sentir un fardeau pour les autres : « elle ne voulait plus se sentir aussi seule, elle ne voulait pas que sa
famille voit sa solitude qu’elle faisait tant d’efforts pour cacher. »
Les sentiments qu’elle exprime sont des choses qu’on a forcément ressenties après le décès d’une personne proche ou après une rupture amoureuse. Holly passe
par toutes les phases : « Je suis des tas de choses. (…) Je suis seule, fatiguée, tantôt triste, tantôt gaie. Tantôt j’ai de la chance, tantôt je n’en ai pas. Je suis mille choses
différentes au cours d’une journée. » Mais elle décide de se battre, à cause et pour Gerry, et de reprendre sa vie en main, petit à petit, dans tous les domaines.
Le livre parle aussi de la difficulté à s’ouvrir à l’amour, à accepter l’éventualité de retomber amoureuse après une histoire d’amour qui s’est finie, d’une
façon ou d’une autre. Dans une de ses lettres, Gerry pousse Holly à dépasser ses peurs : « N’aie pas peur de retomber amoureuse. Ouvre ton cœur et suis-le là où il te mène… Et
n’oublie pas de viser la lune. » Il l’encourage à se dépasser car même si ils ont connu ensemble un amour parfait, elle a encore d’autres choses à vivre : « Certains
passent leur vie à chercher l’âme sœur. Vous et moi l’avons connue pendant un temps trop court. C’est triste, mais c’est la vie (…) C’est merveilleux de trouver quelqu’un que vous aimez et qui
vous aime. Mais c’est encore plus merveilleux de trouver l’âme sœur. Une âme sœur vous comprend comme personne d’autre, vous aime comme personne, sera toujours à vos côtés quoi qu’il
arrive ».
Bref, un joli livre au final… Littérairement, rien de bien transcendant, certes, mais ce fut un livre agréable à lire où j’ai souri, où j’ai été touchée par
Holly et son caractère fort et fragile à la fois (« Le courage n’a rien à voir dans l’histoire quand on n’a pas le choix ») , par ses amies et leur sens de l’amitié, par cette
famille aimante qui l’entoure, par cette notion d’Amour qui « continue après nous » et qui pousse à aller de l’avant. Je ne sais pas si le lectorat masculin y trouverait autant
de plaisir que moi, en revanche. C’est peut être, sûrement même, ce qu’on qualifie de « livre de fille ».
Pour ne rien gâcher, les dernières lignes du roman m’ont laissée sur un sentiment d’optimisme fort agréable :
« Elle était une femme qui faisait parfois des erreurs, qui pleurait parfois le lundi matin ou le soir quand elle se retrouvait seule dans son
lit. Elle avait parfois du mal à supporter sa vie et à se lever le matin pour aller travailler. (…) Parfois, elle se demandait aussi ce qu’elle faisait sur cette planète. Elle était parfois tout
bonnement à côté de la plaque.
Mais elle avait également des milliers de souvenirs heureux, elle savait ce que c’était que l’amour véritable et était prête à continuer à vivre, à aimer
et à se faire de nouveaux souvenirs. Quoi que l'avenir lui réserve, elle savait qu'elle ouvrirait son coeur et le suivrait là où il la
mènerait.
En attendant, elle vivrait.»
Vous avez dit...