Episode numéro 2 de la robe de mariée de ma meilleure amie : après avoir essayé une bonne quinzaine de robes en
tout, retour à la case départ pour ré essayer ses deux coups de coeur du départ... et quelques autres,
puisqu'on y est. Faut pas gâcher ces moments-là ! Mets la robe, enlève la, mange du tulle, moque-toi des perles, essaie une autre robe... et après quelques hésitations fort légitimes, elle a fait
son choix. Elle dira oui en juin prochain dans cette robe-là. Et les photos de ces essayages disent combien c'est LA robe, SA robe. On la voit avec un sourire naturel, on la voit bouger, on la
voit rayonner... Cette robe, avec sa touche d'originalité, sa beauté, c'est elle.
Depuis que je suis rentrée, j'ai le coeur en fête. J'ai dû regarder les photos des essayages un demi million de
fois. Je me suis extasiée sur la mine radieuse de mon amie. Elle est tout simplement splendide. J'ai examiné encore les détails. J'ai tout comparé. Oui, c'est bien cette robe qu'il lui fallait,
c'est celle-là qui lui correspond.
Je vis les préparatifs avec elle : on a des discussions de pintades superficielles mais, qu'est-ce que c'est bon.
On disserte sur la coiffure, les bijoux, les chaussures, les dragées. On se pose des questions existentielles sur le jour J. On imagine. On rêve... On se téléphone pour reparler de sa robe, on
dit cent fois qu'elle a fait le bon choix. Et qu'est-ce que c'est bon ! J'en serais presque aussi excitée qu'elle. Mais presque, hein... La mariée, c'est elle. Mais qu'est-ce que je suis contente
pour elle ! Qu'est-ce que j'aime ces moments...
Evidemment, il faut bien que je mette mon grain de sel en faisant quelques lapsus dont j'ai le secret. Aux grandes questions philosophiques "Avec ou sans tulle ?", "Avec sans
voile ?", ma réponse a été un savant mélange des deux : quand tulle et voile fusionnent, ça donne "Non, je crois que sans vulve, c'est mieux". Ah, bravo MC !... Ma meilleure amie a
eu son premier fou rire en robe de mariée, et la vendeuse, pleine de tulle dans les oreilles ou très polie, m'a juste dit "Ah, je n'ai pas entendu ce que vous disiez... Vous en pensez quoi,
vous ?".... Allez, je prends ma pelle, je fais mon trou et je me cache...
A travers ma meilleure amie, je vis ce que je ne vivrai sans doute jamais. (Non, on ne va pas repartir dans le
débat "Mais tu ne sais pas ce que l'avenir te réserve et blablabla"). Mais là, je vis ce que je n'ai pas vécu et ce que je ne veux pas vivre. J'avais un peu peur que ces préparatifs me
renvoient à ceux que j'ai failli faire, mais, c'est tout le contraire. Je craignais que ça me donne un peu le blues, mais non... Je suis contente, tout simplement. Je vis les choses à fond, avec
mon amie, en veillant à ne pas prendre trop de place, mais j'en suis aussi réjouie. J'écoute, je donne mon avis, j'essaie d'avoir des idées, mais je ne critique pas, je ne m'impose pas. C'est le
mariage de mon amie, pas le mien.
Je racontais mon épopée "robe de mariage" à une amie maman célibataire, elle aussi, qui me disait que du coup, elle se prenait à rêver d'un autre mariage pour elle, d'un second mariage avec un
nouvel amoureux... et bien, pour ma part, pas du tout. Je dois manquer d'optimisme, ou je suis trop réaliste, mais je ne me projette absolument pas là-dedans. Ca ne me donne aucune envie de me
marier ni même de rêver à mon propre mariage. Je deviens aigrie ou quoi ? Je suis Miss Pessimiste 2009 ?
Alors oui, quelque part, je vis ma vie par procuration (et je ne mets pas du vieux pain sur mon
balcon !). Mais sans aucune amertume. Je suis contente, tout simplement. Je me réjouis des bonheurs de mes amis. Je ne passe pas à côté de ma vie : au contraire, je l'enrichis de ces moments que
je ne vivrai probablement jamais. Et puis si ma meilleure amie est aux anges, je suis heureuse.
Je vous ai dit que j'étais contente que ma meilleure amie se marie ?
Vous avez dit...