Jeudi 29 octobre 2009
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2009
11:11
On a l'habitude de dire qu'on reconnaît ses véritables amis dans les moments
difficiles; j'en ai déjà fait l'expérience par le passé et, au vu des quinze derniers jours que je viens de vivre, je peux affirmer que j'ai une chance incroyable d'avoir les amis que j'ai.
Ces deux dernières semaines ont été un véritable enfer : ma mère a eu un gros souci de santé...J'ai vécu ces quinze derniers jours dans l'angoisse que le téléphone sonne en pleine nuit, et en
quittant ma mère, chaque soir, avec une boule au ventre...
Et, au milieu de ces angoisses, de ces peurs, de ces larmes, le meilleur soutien est venu de mes amis. Ils ont été là, tout près de moi. Je ne compte plus les coups de téléphone, chaque soir,
pour savoir comment évoluait l'état de ma mère et comment je me sentais. Chacun a fait son possible pour me soutenir dans cette épreuve; soit en m'écoutant déverser mes angoisses et pleurer, soit
en essayant de me changer les idées, soit en prenant le relais avec MiniBri... en étant là, tout simplement. C'est grâce à eux que j'ai pu continuer à assurer (plus ou moins) avec ma fille.
Même mes collègues de Dinoland ont été présents : chaque soir, un ou deux collègues me téléphonaient pour me transmettre les amitiés de tout le monde et prendre de nos nouvelles, à ma mère et
moi. Comme mes amis, ils m'ont dit et répété "Si tu as besoin de quoi que ce soit, pour toi, pour ta fille, tu n'hésites pas !". Je crois que j'ai trouvé des gens susceptibles d'être des
amis, à Dinoland... enfin !
Heureusement que la famille de coeur est là pour palier la déception de la famille de sang. J'ai terminé chacun de mes coups de fil par un merci sincère et pesé. Je ne sais pas comment j'aurais
traversé ces deux semaines si je n'avais pas ressenti ce soutien indéfectible et l'affection que me portent mes amis. J'ai souvent dit que j'étais seule. C'est faux ! J'ai la chance d'être très
entourée, la vie vient de me le rappeler. C'est grâce à mes amis que MiniBri et moi avons pu traverser cette zone de turbulences "le moins mal possible".
Aujourd'hui, le pire est derrière, normalement; ma mère va mieux. Et c'est maintenant que je prends conscience de combien je dois à mes amis pour avoir réussi à traverser cette quinzaine de jours
sans sombrer. Je dirais, simplement, un énorme merci à ceux et celles qui ont été là.
Sincèrement.
Par MamanCelib
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Jeudi 3 septembre 2009
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2009
15:15
Non, je ne suis pas en mode schtroumpf grognon... On ne m'a pas volé mon goûter, non plus... Mais, définitivement, je n'aime pas la rentrée.
Je sais bien que ça manque d'originalité. Je n'en connais pas beaucoup qui sont impatients de voir arriver le mois de septembre. Qui serait assez maso pour se dire "youpi, c'est le retour du
tourbillon quotidien !". Personne (ou presque) n'a envie de retourner bosser, qu'on soit prof ou pas.
Pour ma part, je crois que c'est la période que j'aime le moins. Je n'aime pas les jours qui raccourcissent, les couleurs de l'été qui s'en vont, le temps libre qui disparaît et les gens qui
recommencent à faire la tronche au mois de septembre.
Professionnellement, c'est là où je "joue" le plus à la prof. Beaucoup vous le diront, les premières semaines de cours sont celles qui vont déterminer le reste de l'année avec nos classes. Alors,
histoire d'avoir la paix pendant les dix mois à venir, il faut être l'incarnation même de la main de fer dans le gant de velours. On ne laisse rien passer. On est intransigeant. On "serre la
vis". On surveille exagérément... Et puis, une fois qu'on est certain que nos élèves ont bien compris le fonctionnement de nos cours, on peut relâcher la pression pour évoluer sereinement avec
nos classes jusqu'en juin. C'est le prix à payer, et ça ne marche pas trop mal.
Personnellement, c'est aussi une période de déceptions. On fait le bilan de l'été qu'on avait attendu toute l'année. Quoi de neuf ? Qu'est-ce qui a changé ?... Réfléchissons... Ah ben oui, rien,
c'est bien ça. Le contraire eût été étonnant. On se dit alors que la rentrée va peut-être réserver son lot de surprises, qu'on va découvrir un nouveau prof qui nous donnera envie de ne pas aller
au collège en jogging.... "Et bien, MC, je crois que ce n'est pas au collège que tu vas pouvoir rencontrer un homme, cette année"; c'est ce que m'a dit une copine après une heure de
réunion de pré rentrée. Effectivement, rien de nouveau sous le soleil de Dinoland. Zut. En même temps, ce n'est pas comme si ça n'avait pas été prévisible.
Et puis, la rentrée scolaire marque aussi, depuis trois ans, la date anniversaire de ma séparation d'avec le père de MiniBri. Je ne me rappelle pas du jour exact, je me souviens juste d'avoir
fait une rentrée où j'avais été l'ombre de moi-même et où on essayait de recoller les morceaux, pour finalement se séparer quelques jours plus tard. Je suis restée accrochée à mon boulot
comme à une bouée de sauvetage : c'est ce qui m'a permis, sur le coup, de garder la tête hors de l'eau et de ne pas penser toujours au même "Pourquoi ?", sans trouver de réponse.
Il y a trois ans, je n'aurais jamais pensé en être là où j'en suis aujourd'hui. Je croyais sincèrement que j'aurais refait ma vie, que je serais amoureuse et que je serais enfin pleinement
heureuse. J'étais convaincue que ma fille partagerait ses week-end entre son père et moi et que tout se passerait normalement. Je pensais même que je serais encore dans les mêmes établissements
scolaires.
Et en fait, non. Rien de tout ça.
Trois ans plus tard, professionnellement, je ne suis plus dans aucun des deux établissements de l'époque, en raison de la mesure de carte scolaire qui m'a fait arriver à Dinoland. La rentrée de
l'année passée reste, d'ailleurs, ma pire rentrée d'enseignante.
Trois ans plus tard, le père de MiniBri a disparu de la circulation. Cela fait bientôt un an et demi qu'il n'a pas vu sa fille. J'ai eu droit à un coup de fil, il y a quelques mois, où il
s'excusait de son attitude, où il m'a dit qu'il allait reprendre son rôle de père, où il a pleuré en parlant à MiniBri, où il m'a demandé pardon pour son attitude en tant qu'homme et en tant que
père et... plus rien... Bravo !... Et, fait surprenant, depuis ce coup de fil, ma fille ne parle plus du tout de son père.
Trois ans plus tard, je suis toujours seule. Mais, j'ai maintenant une jolie collection d'histoires plus ou moins foireuses à mon actif. Amoureuse ? Pas une seule fois en trois ans. En
route, j'ai perdu mes illusions et mon optimisme. Personne avec qui partager les bonnes nouvelles, personne avec qui avancer dans la vie, personne avec qui faire des projets. Seule. Toujours. Et
trois ans qu'on me dit "mais, tu es une fille bien, tu ne peux pas rester seule !.... Tu verras, tu mérites mille fois mieux que Machin ou Chose. ". C'est cela même, oui...
Pour tout cela, je n'aime pas la rentrée. Même si, je dois reconnaître que celle-ci est la moins difficile depuis trois ans : en 2006, je me séparais; en 2007, ma mère avait des soucis de santé;
en 2008, c'était ma première rentrée catastrophique à Dinoland et cette année... ma foi... rien de bien notable à déclarer. Alors, on va essayer d'être positive et de regarder cette rentrée 2009
comme une bonne chose.
La seule qui soit réellement ravie de cette rentrée, c'est MiniBri : c'est une petite fille surexcitée et ravie de retrouver ses copains et ses copines que j'ai laissée à
l'école....
Par MamanCelib
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Samedi 29 août 2009
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08
2009
09:09
Et si un homme apparaissait dans ma vie et qu'il essaie d'en faire partie, est-ce que je le laisserais faire ou est-ce que je prendrais mes jambes
à mon cou, de peur qu'il bouscule trop ma petite vie sympa ?
Et si un homme me disait tout ce que j'ai eu envie d'entendre, au cours de ces trois dernières années, est-ce que je croirais en la sincérité de ses paroles ou est-ce que je le prendrais pour un
beau parleur de plus ?
Et si un homme faisait preuve de toute l'attention qui m'a fait défaut jusqu'à présent, est-ce que je fondrais ou est-ce que je serais méfiante ?
Et si un homme me disait qu'il m'aimait, avec mon caractère de chieuse, est-ce que je serais touchée de voir qu'il aime aussi mes défauts ou est-ce que je le trouverais simplement gonflé de me
traiter ainsi ?
Et si un homme me téléphonait juste pour entendre le son de ma voix, pour m'embrasser, pour me dire qu'il pense à moi, est-ce que je serais attendrie ou est-ce que je trouverais ça vraiment
louche ?
Et si un homme me disait qu'il sait qu'en tombant amoureux de moi, il sait pertinemment qu'il y a le pack mère-fille et qu'il est prêt à nous aimer, toutes les deux, est-ce que je penserais qu'il
est honnête ou qu'il essaie par tous les moyens de me mettre dans son lit ?
Et si un homme faisait plein de projets pour nous et me promettait monts et merveilles, est-ce que je me laisserais aller à y croire pleinement ou est-ce que j'attendrais beaucoup plus posément
de voir ce que l'avenir nous réserve ?
Et cet homme, ce serait un "mec bien" ou est-ce que je le prendrais pour un enfoiré affectif de plus ?
Et si je pensais que ça allait être une très jolie histoire ou un fiasco retentissant, serait-ce mon côté optimiste ou mon côté pessimiste qui aurait raison ?
Ben... Réponses B, ma bonne dame !... Je ne me suis pas posée de questions, j'ai essayé de lui faire la place qu'il voulait prendre, mais la nature de l'enfoiré affectif a vite repris le
dessus....
J'avais raison d'être méfiante et de me fier plus aux actes qu'aux paroles... encore une fois !
C'est qui la championne du monde toutes catégories ?
C'est qui la looseuse ?
C'est qui qui ne retient pas les leçons du passé et qui fonce encore tête baissée dans des trucs qu'elle ne sent pas mais auxquels elle a envie de laisser sa chance à cause d'un petit je ne sais
quoi ?
C'est MC....
Où sont les pompom girls pour m'acclamer ? (enfin, si ça pouvait être des pompom boys, ce ne serait pas de refus...)
Ca en est tellement pathétique que ça me fait rire... encore un beau vainqueur à mon actif... non, ça ne vaut pas le coup d'appeler la brigade du coupe-ongles, il n'en vaut pas la peine...
C'est décidé, je retourne me murer dans ma caverne de célibataire... c'est beaucoup plus tranquille, beaucoup plus drôle, et surtout, on y croise moins d'abrutis !
Same player, shoot again... ou pas....
Et si je devenais la plus grande garce qu'il existe ?
NB : je donne mon "aimant à connards" à quinenveut... D'accord, je m'en suis beaucoup servi mais je suis sûre qu'il est encore en parfait état de marche !
Par MamanCelib
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Jeudi 27 août 2009
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2009
10:10
Il arrivera un jour (peut-être) où je rencontrerais un homme (et pas une chèvre) dont je serais amoureuse (éventuellement) et que j'aurais envie de présenter
à mes amies (sûrement)... et là, ça risque d'être le drame... Parce que mes amies sont folles. Complètement. Et c'est pour ça qu'elles sont mes amies, oui... Parce qu'on se ressemble... Et quand
on se retrouve en groupe, ça devient du grand n'importe quoi !...
Ces derniers temps, je dois reconnaître que les soirées entre filles, ça ressemble un peu à des "soirées caserne". Je crois qu'une armée de légionnaires qui reviendrait d'une mission de six
mois, sans aucune femme à l'horizon, serait beaucoup plus glamour que nous... et le pire, c'est que ça nous fait hurler de rire... et qu'on adore ça ! On dit des énormités, en terminant nos
phrases par des "rhoooooooooo !", comme si on n'assumait pas du tout... Mais, en fait, nous sommes un peu comme des enfants qui disent des gros mots : on aime ça !
Est-ce qu'un homme pourrait comprendre que nous sommes les spécialistes des coups de téléphone qui durent des plombes pour pas grand chose, au final ? Est-ce qu'un homme comprendrait qu'on saute
partout parce qu'on est contente que ça frétille dans la vie sentimentale et/ou sexuelle d'une copine ? Est-ce qu'un homme comprendrait pourquoi l'une donne aux autres la "capote de l'amitié",
celle qui attire le mâle parce qu'elle est pleine d'énergie sexuelle ? Est-ce qu'il comprendrait qu'une copine envoie une photo de ses nouvelles merveilleuses paires de chaussures par MMS à ses
amies ?
Est-ce que ça semblerait totalement invraisemblable qu'on soit littéralement impatiente d'être à cette soirée filles prévue en septembre ? Une soirée filles, comme à l'époque où nous étions
étudiantes, et où mon studio avait servi de décor : un moment où on avait fait les dindes en se maquillant pour des faire des pubs pour Ripolin, en se crêpant les cheveux pour faire années 80, en
se faisant un trip baba cool, en abusant de tout un tas de de bonbons, douceurs et champagne ? Un homme pourrait-il ne pas être effrayé par ça ? Je n'ai qu'à me souvenir la tête de mon meilleur
ami qui était passé nous faire un bisou rapide ce jour-là : il n'en revenait pas... Je doute même qu'il s'en soit remis... Donc, un homme ne pourrait que fuir à toutes jambes...
Et puis, il faudrait assumer d'être au téléphone, avec l'homme, en version glamour, avec la petite voix de femme qui joue la carte de la séduction, quand une copine se met à crier,
derrière : "heyyyyyyy, tu fais quoi ? Tu fais caca ?" (célèbre référence à "j'peux
pas, j'ai la diarrhée"!)... ou qui, parce qu'elle vous entend jouer l'amoureuse éplorée au téléphone, fait exprès de vous téléphoner en même temps pour vous embêter avec le double appel.
"Non, c'était juste pour vérifier que tu étais bien en ligne !"...
Oui, nous sommes des gamines. Oui, on a 14 ans parfois... et encore... Mais qu'est-ce que c'est bon !... Nous sommes mères pour certaines, mariées pour d'autres ou célibataires, profs pour
quelques unes, (toutes ne sont pas passées du côté de la force obscure), mais nous avons gardé en commun cet état d'esprit où on peut tout dire, où on peut rire comme des niaises sans être jugée
par les unes ou les autres. A côté de ça, on aborde aussi des sujets beaucoup plus personnels, intimes, on se conseille mutuellement, on serre les rangs de la "brigade du coupe-ongles" (on
fantasme sur le fait d'aller découper au coupe-ongles les hommes qui auraient fait souffrir les copines)... Bref... nos moments filles sont bien remplis... Et je crois que nous en avons besoin
pour échapper au quotidien de maman, épouse et autre wonder woman que nous sommes presque tous les jours. Ce sont nos bulles d'oxygène à nous, qu'on se réserve... et qu'on espère bien se réserver
encore si un jour nous avons un amoureux, pour les célibataires (mais un amoureux chacune, pas le même !)... (enfin, en même temps, on n'a pas du tout les mêmes goûts...)
Alors, c'est vrai que si l'une d'entre nous devait présenter un nouvel amoureux aux autres, ça risquerait d'être coton. Non pas que les unes doutent des capacités des autres à savoir faire bonne
figure pour une première rencontre, mais on sait que ce sera un cap important à passer. Comme me disait Nan, "si j'avais un mec qui n'assurerait pas la conversation avec toi et qui n'aurait
pas suffisamment d'humour pour comprendre nos délires, je crois que ça serait mauvais signe...". Et elle a raison. Ce n'est pas que les avis des copines comptent plus ou moins qu'un éventuel
amoureux, mais si un homme était totalement étranger à notre humour, s'il était choqué par les adolescentes qui sommeillent en nous, si il posait un regard dédaigneux sur tout ce qui nous unit,
que nous partageons et qui fait que nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui, je crois que je saurais très vite que je ne pourrais pas l'aimer comme j'ai envie d'aimer...
Par MamanCelib
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Vendredi 7 août 2009
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2009
11:11
C'est marrant... En allant chez mon amie, dans la voiture, je me suis posé des questions dignes de Patrick Bruel dans "Place des grands hommes" : est-ce
qu'elle a changé ? Est-ce qu'on va se sentir à l'aise comme avant ? Est-ce qu'on va aussi bien s'entendre ? Est-ce qu'elle a gardé ce côté "nature peinture" que j'adorais ? Et moi, est-ce que
j'ai changé ? Comment va-t-elle me trouver ?
Et puis, toutes ces questions ont disparu quand je suis descendue de ma voiture, et que je l'ai trouvée là, à m'attendre. Le temps de nous prendre dans les bras et de nous dire combien on était
contentes, toutes ces interrogations se sont envolées. C'était bien celle que j'avais laissée il y a trois ans.
Certes, trois ans, ce n'est rien.
Mais... j'ai l'impression que j'ai vécu dix vies dans ces trois années. La dernière fois que nous nous sommes parlées, j'étais une jeune femme aux cheveux courts qui allait fêter ses trente ans.
J'étais maman depuis six mois. J'étais en couple, amoureuse, en train de parler mariage. J'étais persuadée d'être avec l'Homme de ma vie. Trois ans plus tard, j'ai bien entamé ma troisième
décennie, j'ai les cheveux longs. (oui, enfin, tout es relatif !).. et je suis une maman célibataire, qui ne croit plus du tout au mariage, qui s'est aperçue qu'elle se trompait sur celui qu'elle
aimait et qui a une jolie collections d'histoires abracadabrantesques... A-t-elle changé autant que ce que j'ai changé ?
C'est elle. Ni plus ni moins. Toujours mariée. Toujours amoureuse. Toujours heureuse. Toujours maman, mais une petite fille est venue agrandir leur famille (et la coincidence a voulu
qu'elle naisse le même jour que moi). La même allure. Le même sourire. La même amie.
Et la même complicité qui est revenue en l'espace d'une heure; les mêmes rires; les regards complices; des détails insignifiants ("tu as changé de parfum, non ?").... Mais, cette même
conclusion, de son côté comme du mien : "tu n'as pas changé !". Les choses qui faisaient qu'elle était mon amie sont toujours les mêmes. Ou, si on a changé, on a évolué de la même façon,
à distance. Et c'est bien l'amie que j'ai perdue de vue que j'ai en face de moi.
Je suis arrivée la première, nous avons déjeuné toutes les deux, seules, avec nos filles. C'est amusant, elles se sont entendues comme si elles se connaissaient depuis toujours, malgré les
quelques années d'écart : sa fille était une enfant de même pas quatre ans et MiniBri avait six mois, la dernière fois que nous nous sommes vues... C'est peut-être le seul élément de la journée
qui nous a fait nous rendre compte que du temps était passé entre aujourd'hui et la dernière fois où nous nous étions vues.
Nous avons évidemment été bien incapables de résumer ces trois dernières années en une journée. On a parlé d'événements majeurs, d'anecdotes, des bons moments, des moins drôles... Nous nous
sommes souvenues des excellents moments que nous avons vécus ensemble. Et, chacune notre tour, nous avons confessé à l'autre combien on lui en voulait de ce trop long silence... et on a parlé,
parlé, parlé....
Les prochains repas sont fixés. Mon meilleur ami n'a finalement pas pu se libérer pour nous rejoindre et ma meilleure amie est venue, mais elle était prise par le temps. Donc, la prochaine fois,
on devrait tous arriver à se poser, tranquillement... J'ai vraiment hâte !
En rentrant chez moi, dans ma voiture, j'ai repensé à Bruel. "Si on n'avait plus rien à se dire et si et si"... Plus rien à se dire ? Non mais, il rêve, le
monsieur...
Par MamanCelib
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Jeudi 6 août 2009
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2009
10:10
J'ai dû écrire un demi million de fois que non, Facebook ne passerait pas par moi... Je n'avais aucune envie de faire comme tout le monde et de me retrouver dans ce système d'archivages de
personnes. Et puis, comme je ne suis qu'une faible femme sans caractère qui cède aux mouvements de mode, je m'y suis inscrite...
Ce qui m'a fait changer d'avis ? Ma meilleure amie... Plusieurs photos de son mariage, de son enterrement de vie de jeune fille étaient sur FB.
Et puis, à l'occasion d'une journée que j'ai passée chez elle, il nous est venu l'idée de chercher une amie qui a disparu de la circulation depuis un peu plus de trois ans. Nous n'avons jamais
compris pourquoi, tout à coup, nous n'avions plus eu de nouvelles. Pourtant, nous étions très proches. Quand nous étions à la fac, nous formions le quatuor infernal avec elle, ma meilleure amie,
mon meilleur ami et moi. La dernière fois que nous nous sommes parlés, elle m'a quittée en me disant : "Bon, le mois prochain, tu as 30 ans... On fait une énorme fête !". Ca
remonte donc à février 2006.
Et puis, plus rien. Les mois ont passé. J'ai essayé de la joindre sur son portable. Numéro plus attribué. Nous l'avons cherchée dans l'annuaire.
Rien. Aucune trace. N'habite plus à l'adresse indiquée. Régulièrement, dans les conversations, on m'a demandé : "Et tu as des nouvelles ? ". Non, rien du tout. Et j'y pensais à chaque
fois avec un pincement au coeur. J'aurais aimé qu'elle soit là quand je me suis séparée du père de MiniBri. Ma meilleure amie et mon meilleur ami auraient aimé qu'elle soit là pour leur mariage
respectif. Mais, elle avait totalement disparu de la circulation.
Nous avons échaffaudé toutes les hypothèses possibles et imaginables. Elle et son mari étaient repartis dans les îles d'origine de son mari. Elle
s'était vexée d'on ne sait quoi. Son mari ne nous aimait pas et il l'avait éloignée de nous. Ils avaient de gros problèmes et elle en avait honte. Ils s'étaient séparés et, prise dans le
tourbillon de tout ça, elle avait perdu toutes nos coordonnées. Ils avaient complètement changé de vie et avaient fait table rase du passé. Bref, nous avons eu l'imagination fertile. Il faut dire
que notre amie est du genre fantasque et que sa vie est pleine de péripéties inimaginables, dignes de figurer dans n'importe quel film.
Et puis, chez ma meilleure amie, par son compte facebook, il nous est venu l'idée de la chercher. Personne au nom de jeune fille. Après avoir
regroupé nos neurones pour nous souvenir de son nom de femme mariée, elle est apparue. Punaise. Elle n'a pas changé. C'est elle. Waouh. J'ai presque failli en re danser la carioca, tellement
j'étais contente... et forcément, en rentrant chez moi, je me suis créé mon compte facebook. Je lui ai, moi aussi, envoyé ma demande pour qu'on soit amies.
Et pas de nouvelles. Nulle part.
Arf... Je me suis posé des questions jusqu'à me persuader que j'avais dû lui dire quelque chose qui avait dû terriblement la vexer la dernière
fois que nous nous sommes parlées. (Oui, je porte toute la culpabilité du monde !). J'ai tourné et retourné la situation dans tous les sens... et j'ai eu beau réfléchir, je n'ai rien trouvé. Et
je n'aime pas rester dans ces situations troubles : alors, j'ai recherché son numéro de téléphone dans l'annuaire, à son nom de femme mariée. Et je l'ai trouvé.
-
"Bonjour....
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- Euh... bonjour....
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- Comment ça va ?
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- euh... ça va bien... et toi ?
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- Ca va, merci...
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- Mais... qui c'est ?
-
- Tu ne me reconnais pas ?... Bon, c'est un peu normal, ça fait quand même plus de trois ans qu'on ne
s'est pas parlées.
-
- .... Euh... mmmmh.... Non ?... MC ?
-
- Et ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !"
Et là, nos trois années de silence ont été balayées d'un sourire. On a discuté comme si on s'était quittées
la semaine précédente... mais nous avons trois ans à rattraper. Et surtout, j'avais cette question à lui poser : "Mais... pourquoi ce silence ?". En fait, tout est né d'un concours de
circonstances : la dernière fois que nous nous sommes parlées, elle allait déménager dans la foulée et elle m'avait prévenue qu'elle allait rester sans moyen de communications un certain
temps. Et je n'ai pas enregistré cette information., toute excitée que j'étais par une demande en mariage. Face à mon silence, elle m'a envoyé deux lettres. Elle a essayé de me téléphoner.
Mais, entre temps, je me suis séparée du père de MiniBri : j'ai changé d'adresse, de coordonnées téléphoniques et je ne suis pas dans l'annuaire. D'où les silences mutuels. Elle comme moi nous
sommes posés les mêmes questions sur l'autre, avec une pointe de culpabilité et de déception.... et surtout, ce triste sentiment d'avoir perdu une amie.
Evidemment, la dernière question a été : "On se voit quand ?". Parce que le téléphone, c'est bien joli, mais on vit à moins d'une heure
de voiture l'une de l'autre et on a des tas de choses à se raconter et trois années de péripéties à partager.... et on se voit aujourd'hui ! Je vais déjeuner chez elle, ma meilleure amie
nous rejoint dans l'après-midi. A toutes les trois, on va faire un bond en arrière de quelques années. Et surtout, on va se raconter tout ce qui s'est passé dans nos vies. Trois ans, ce n'est pas
grand chose, c'est certain, mais, j'ai l'impression d'avoir vécu dix vies en cette période. Bref, ça va papoter sévère aujourd'hui !
Alors, ne serait-ce que pour les retrouvailles avec cette amie, je peux dire que je suis ravie de m'être inscrite sur FB et d'avoir changé d'avis
sur ce site... vraiment... et j'ai vraiment hâte de la serrer dans mes bras.
Par MamanCelib
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Jeudi 23 juillet 2009
4
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07
2009
10:10
Dans la tête d'une célibataire, il y a plein de questions, comme par exemple "Est-ce que je vais rencontrer quelqu'un ?", "Est-ce qu'un jour, je
serais amoureuse ?", "Est-ce que je vivrais en couple encore une fois ?", "Est-ce que j'aurai un autre enfant ?", "Est-ce que je finirai seule mangée par mes chiens
comme Bridget Jones, ou dévorée par mon chat comme Miranda dans Sex and the city ?", "Est-ce que j'ai envie de rencontrer quelqu'un ? "... La liste pourrait être encore bien
longue.
Et toutes ces questions tournoient, s'enchaînent les unes aux autres, font naître d'autres questions... Non, elles n'occupent pas continuellement nos pensées mais, il y a des phases de nos
vies où elles occupent beaucoup notre esprit et d'autres où on s'en contrefiche royalement. Et ce ballet incessant de questions nous amènent à des réflexions, à des bilans, à des questions
beaucoup plus profondes sur nous-mêmes et à des remises en questions.
On se dit qu'il y a peut-être quelque chose qui cloche en nous. On cherche du côté du physique. On change de coupe de cheveux. On dépense une somme indécente en shopping. On essaie de se
maquiller différemment. On fait un régime. Mais, rien ne change. Certes, le reflet que nous renvoie le miroir nous paît davantage, mais il y a zéro effet sur notre célibat.
Alors, on cherche du côté de notre caractère. On se souvient d'un amoureux qui répondait invariablement que son ex était encore seule parce qu'elle était trop chiante, pas assez ceci, trop ça;
elle avait droit à un joli pamphlet de tares plus ou moins insurmontables. Sauf que l'ex, aujourd'hui, c'est nous. Du coup, on arrive presque à se trouver tous les défauts du monde. Et puis, au
hasard des discussions avec des amis, ils trouvent les mots justes pour vous faire comprendre que non, vous n'êtes pas le fruit d'un croisement entre Cruella et la fée Carabosse... mais comme ce
sont vos amis, vous avez quand même encore quelques doutes.
Puis, on en vient à penser qu'on est trop exigeante. Pendant longtemps, on a su ce qu'on ne voulait absolument pas trouver chez un homme. Le temps passant, le profil de notre homme "idéal" s'est
affiné : on sait de plus en plus ce qu'on voudrait trouver chez un amoureux potentiel. On n'en est pas arrivé à une fiche signalétique précise, mais on réussit à définir les grandes lignes de
celui dont on pourrait tomber amoureuse. Ce qui ne nous empêche pas d'avoir pleinement conscience que la vie réserve des surprises et qu'on pourrait très bien s'enflammer pour quelqu'un qui ne
coche pas toutes les cases, puisque "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas". Alors, oui, on a peut-être des exigences mais, elles nous évitent de nous embarquer dans des
histoires médiocres où on perdrait plus notre temps qu'autre chose. Si on doit choisir entre du "bof" et "rien du tout", on prend le "rien de tout" pour éventuellement être disponible pour du
"très bien".
Et on en arrive à faire le bilan des dernières histoires qu'on a pu vivre. Et bizarrement, on se rend compte qu'elles ont toutes un point commun : toutes étaient des histoires vouées à l'échec.
C'était visible dès le départ, pour des raisons différentes : entre celui qui était un véritable coureur de jupons, celui qui vivait super loin, celui avec qui il y avait une différence d'âge
importante, celui qui vous prenait pour sa psy, celui qui était déjà en couple, celui dont le caractère était diamétralement opposé au votre, celui qui n'avait pas encore fait le deuil de son
histoire précédente, le panel était certes vaste mais, ça ne vous correspondait pas. Avec le recul, on se rend compte qu'on a invariablement été attirée par des hommes avec qui ça ne pouvait pas
marcher. Certains expliqueront ça par une peur de l'amour, par le fait qu'inconsciemment nous ne sommes pas prêtes à nous lancer dans une véritable histoire, ou y verront une crainte de prendre
le risque de tomber amoureux et de souffrir. Moi, je me garderais de toute interprétation... parce que chaque cas , chaque vécu est unique et que chacun a sa propre réponse à cette question.
Au milieu de ces réflexions, surgit, invariablement, le problème épineux des rencontres. On ne rencontre pas d'hommes seuls. Les sites internet, on a donné : résultat négatif. Les copains ? Tous
en couple et restant dans leur cercle fermé de couples : pas de potes célibataires à présenter ou, si il y a des hommes seuls, ils vous les épargnent parce que "Là, je ne te ferais vraiment
pas un cadeau !". Le boulot ? Encore plus désertique que notre cercle amical. Alors ? La solution ? On se met à la terrasse d'un café et on attend ? Pourquoi pas une pancarte aussi, non ? Ca
me fait toujours rire ceux qui disent : "Mais, sors, enfin !" Oui, dès qu'on met un pied hors de chez soi, on fait plein de connaissances, c'est connu !
Et là, on se dit que finalement, on n'est pas plus avancé. Nos questions restent sans réponse. On a fait le bilan sur ce qu'on a vécu et ce qu'on est à un moment précis, mais on est toujours célibataire. On ne sait toujours pas si, un jour, on redira "je t'aime"
à quelqu'un. On ignore si ressentira encore ce sentiment de bien être dans les bras de quelqu'un. On n'a pas trouvé de formule magique qui, d'un coup de baguette, nous donnerait toutes les
réponses qu'on cherche. On finit par se dire qu'on finira sûrement vieille, seule et désabusée... et on recommence à se poser des questions...
Par MamanCelib
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Dimanche 12 juillet 2009
7
12
07
2009
12:12
J'ai une filleule de 22 ans. Jusque là, rien de bien extraordinaire.
Je me suis toujours bien entendue avec elle. Elle m'a toujours raconté ses délires d'ados, ses nombreuses fêtes, ses histoires amoureuses en dents de scie, sa vie. J'ai écouté tout ça d'une
oreille un peu blasée : c'est une jeune femme comme les autres, avec un fichu caractère et une passion pour les chaussures (c'est ma filleule, hein), qui aime s'amuser, qui ne se pose pas trop de
questions et qui prend la vie comme elle vient...
Et, après plusieurs mois où nous avons manqué de temps pour nous donner des nouvelles, elle m'a téléphoné.
-
Tu sais Tata, là, je vis une vraie histoire d'amour. Je suis super
amoureuse.
Allô ? C'est bien ma filleule que j'ai au bout du fil ? J'ai de la friture sur
la ligne.
-
Tu te rends compte ? Ca fait six mois qu'on est
ensemble...
Ah oui, le fameux cap des six mois...
Bon, c'est vrai que pour elle, ça relève presque de l'exploit... mais rien qu'au ton de sa voix, je sens qu'elle est vraiment amoureuse.
-
Je l'ai même présenté à papa... et il l'a trouvé
sympa
Quoi ? Il a passé le cap du paternel sans encombre ? Bon, ce qui est sûr, c'est
que ça doit être un mec bien, alors...
Mais, je suis plus qu'étonnée : ma nièce a présenté un homme à son père... waouh... C'est bien elle qui me racontait ses histoires en me disant "tu n'en parles pas,
hein"...
-
Et puis, tu sais, on commence à parler bébé...
Avant de dire de telles phrases, il aurait fallu me prévenir. Si j'avais eu un
téléphone filaire, j'aurais été capable de m'étrangler avec le cordon. Ma filleule, maman ? Mais ça ne va pas non...
Mais... si elle parle de bébé, c'est... qu'elle couche avec son amoureux.... aaaaaaaaaargh (en même temps, je sais bien que ça fait un moment et qu'elle n'a pas attendu ma permission... mais...
aaaaaaaaargh !)
-
Et puis, tu sais, il m'a complètement transformée. Je suis devenue une vraie
petite femme d'intérieur. Je fais mon ménage tous les jours, je prépare mes propres pizzas, mes quiches, je lui fais plein de bons petits plats... Et même que sa mère et moi, on s'échange des
recettes...
Non, là, j'ai vraiment un doute. Je ne peux pas être en train de parler à ma
filleule. Ca ne peut pas être celle qui me disait "Bah, si il veut manger, il n'a qu'à se préparer à bouffer, c'est pas mon problème"... Waouh....
Elle compte nous préparer un recueil de recettes ?
-
Même mes copines n'en reviennent pas : lui et moi, on est toujours ensemble,
on ne fait jamais rien l'un sans l'autre... Je ne sors plus autant qu'avant : les boites, ça ne me dit plus rien. Je préfère largement les soirées à la maison en amoureux ou quand on invite
d'autres couples à manger...
Il faut savoir que ma filleule est la personne que je connais qui a le plus de
sorties en boite à son actif. Ca fait des années qu'elle passe toutes ses soirées du vendredi et du samedi en boite, et même les soirs de semaine.
Et là, elle deviendrait casanière ? C'est l'effet desperate housewive ? On fait des expériences scientifiques sur elle ?
-
Et puis, mon chéri et moi, on fait plein de choses ensemble. Il m'a
convertie au foot : on va souvent aux matchs. J'adore. Il a même mis un drapeau de l'OM au dessus de notre lit
Plus aucun doute. Pour tolérer ça, elle est vraiment amoureuse. C'est LE détail
révélateur. Non, parce que pour accompagner son chéri aux matchs et accepter qu'il punaise un drapeau bleu et blanc au dessus du lit, je ne vois pas comment ça peut être possible si on n'est pas
raide dingue d'un homme.
-
Bref, je suis heureuse. Et j'en profite à fond... parce que je me méfie de
ce qui pourrait arriver par la suite
Je n'aurais pas eu besoin d'en entendre plus, tout compte fait. Elle est
heureuse. C'est le principal. Et je suis vraiment contente pour elle. Au ton de sa voix, on la sent apaisée, posée... épanouie !
(Par contre, ce côté de se méfier de la suite des événements quand tout va bien dans le meilleur des mondes, c'est comme les chaussures et le caractère trempé : c'est de famille).
Quand j'ai raccroché, je me suis précipitée devant un miroir : ah oui, j'ai bien des cheveux blancs.
Je me souviens de sa naissance : ma mère était venue me chercher à la sortie de l'école et on avait foncé à la maternité. C'est en découvrant que son deuxième prénom était le même que le mien
qu'on m'a annoncé que j'étais la marraine de ce petit bout de chou de quelques centimètres. Nous n'avions même pas onze ans d'écart.
C'est le premier bébé dont j'ai changé les couches.
Je me souviens des étés où je l'ai gardée quand ses parents travaillaient et de sa tête faussement innocente quand elle affirmait à ses parents "On n'a pas mangé de chocolat avec Tata. Hein
Tata ? C'est comme ça qu'il fallait dire ?".
Je revois les photos où nos ressemblances sont plus que frappantes.
Je me rappelle de sa crise d'adolescence et sa simili rébellion contre son père, l'école et tout le toutim.
Je vois encore sa tête étonnée quand je lui ai dit "Tu sais, il va falloir que tu fasses preuve de plus d'ingéniosité si tu veux cacher à tes parents que tu fumes" parce qu'elle sortait
promener le chien docilement, toutes les heures.
Et maintenant, c'est une femme.
De 22 ans.
22 années que je n'ai pas vues passer et qui viennent de se matérialiser, là, en un coup de téléphone.
Waouh.
En une demi-heure, je viens de prendre 22 ans.
Je vais aller me faire une couleur pour cacher mes cheveux blancs.
Par MamanCelib
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Mercredi 1 juillet 2009
3
01
07
2009
15:15
[Si, sans tricher, certains arrivent à retrouver d'où vient le titre de mon billet, ils gagneront toute ma considération !]
(M., tu n'as pas le droit de jouer !)
J'aurais pu commencer, aussi, avec "Voilà, c'est fini..." Non, mon année scolaire n'est pas encore terminée, je dois attendre demain. Mais, les pots de fin d'année se succèdent et j'ai
fait, lundi, mon pot de départ dans le collège où je suis en complément de service depuis quatre ans. Je savais qu'entre la fatigue du week-end avec le mariage et l'émotion de quitter ce collège,
j'allais certainement pleurer... et ça n'a pas loupé ! J'ai l'impression qu'en quelques jours, je suis devenue une fontaine à larmes... J'ai peut-être une carrière de chutes du Niagara qui
s'offre à moi si je m'applique et que je continue de m'entraîner...
Quatre ans dans ce collège, ça n'est pas grand chose en définitive mais, en même temps, ces années représentent beaucoup. Il s'est passé tant de choses entre le moment où je suis arrivée dans cet
établissement et aujourd'hui, le jour où j'en pars, que j'ai l'impression d'y avoir vécu une demi-douzaine de vies.
La première fois que j'y suis venue, j'étais enceinte de ma fille. A cette époque, j'étais amoureuse du père de ma fille et je ne pensais pas une seconde que le jour où je quitterais ce collège,
nous serions séparés. J'en repars, quatre ans plus tard, maman d'une petite fille merveilleuse de quatre ans et célibataire... avec entre temps, tout un tas de choses... Un demi-douzaine de
vies...
C'est dans cet établissement que j'ai trouvé beaucoup de soutien au moment de ma séparation. Mes collègues se sont très vite aperçus de la mine que j'avais et beaucoup m'ont entourée, aidée et
soutenue à cette difficile période de ma vie. Je revois Herr General et Gerry venir me demander : "madame MC, vous n'avez pas l'air d'aller fort, ces derniers jours... Que se passe-t-il
?"... Et, pour toute réponse, j'ai éclaté en sanglots... Dans les yeux de Herr General, je voyais
clignoter "punaise, elle va nous planter un arrêt maladie" alors que Gerry était beaucoup plus
compatissant.
C'est là-bas que j'ai partagé mes pseudos histoires de coeur en m'appropriant mon nouveau statut de maman célibataire. J'ai raconté mes préoccupations d'adolescente aux copines hilares, je suis
arrivée avec des cernes jusqu'aux genoux parce que j'avais passé la nuit au téléphone avec un homme; sans oublier mon roman photo avec Chouchou ! ... Que d'histoires à dormir debout !
J'y ai rencontré des tas de gens qui me manqueront énormément parce que nous avons partagé beaucoup de choses : nos fous rires, nos délires, nos craintes, nos questions professionnelles, nos
repas, nos ras le bol, nos soucis, nos heureux événements... Je crois que j'emporte un peu de chacun d'eux, en partant. J'ai un souvenir, une anecdote avec un chacun. Je regretterai vraiment
cette salle des profs extraordinaire ! Je n'ai jamais vu ailleurs une telle ambiance, une telle chaleur, une telle solidarité...
Professionnellement, j'y ai appris beaucoup de choses aussi sur ma pédagogie, sur les orientations des élèves, sur les gestions de classes pas toujours faciles, sur le travail en équipe...
Comme à chaque apéro de fin d'année, on a ri, on a partagé un pique-nique extra, on a bu du champagne... Ces pique-nique de vacances sont vraiment des instants où le temps semble s'être arrêté...
Je sais ce que je laisse dans ce collège et je ne sais pas si je retrouverai autant de jolies choses ailleurs. Quand la principale m'a appelée pour faire mon discours de départ, je n'en menais
pas large. J'ai entendue les collègues applaudir, siffler... Ils m'ont offert une smart box pour un soin bien être dans un institut... Est-ce utile de préciser combien cela tombe à point
nommé ? J'ai très vite remis mes lunettes pour qu'on ne voie pas mes yeux embués.
Voilà, je tourne une page professionnelle, mais pas seulement. C'est surtout tout ce que je laisse de personnel ici qui me touche. Je n'ai jamais aimé les au revoir. Je n'aime pas quitter les
gens. Je déteste les voir sortir de ma vie. Je voudrais toujours garder près de moi tout ceux avec qui j'ai partagé de bonnes choses.
Mais, la vie me mène vers d'autres chemins...
sans larme, j'espère... parce qu'en quelques jours, j'ai dû pleurer suffisamment pour éviter un épisode de sécheresse cet été...
Par MamanCelib
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Lundi 29 juin 2009
1
29
06
2009
10:10
Et voilà... Ca y est ! Cette grande journée que nous attendons depuis une année est
passée : mademoiselle ma meilleure amie est devenue madame ma meilleure amie. Et cette journée qui a marqué ce changement de statut matrimonial pour elle fut une journée inoubliable et
intense...
J'ai d'abord eu un gros coup de spleen, sur la route, en me rendant chez les futurs mariés : ma fille dormait, et moi, j'ai eu un grand moment de solitude, au volant de ma voiture, en train de
chanter toute seule "moment of surrender"... Le coeur gros, les larmes aux yeux, un énorme ras le bol de ce célibat et puis...
Bison Futé a dû avoir pitié de moi : je me suis retrouvée au beau milieu d'un énorme bouchon avec la radio qui annonçait un temps de parcours énorme jusqu'à la sortie d'autoroute pour aller chez
mon amie... Hein ? Quoi ? Du coup de spleen, je suis passée au stress en moins de deux minutes... Je suis déjà en train de courir après le temps, là, ce n'est plus du jeu ! Ma meilleure amie
m'attend pour s'habiller... et si je les écoute, à la radio, je ne serai même pas arrivée pour les cérémonies civiles et religieuses !... Ah non... Alors, là, même pas en rêve : ça fait des
années que nous attendons de partager cette journée, et ce n'est pas un bouchon qui va m'en empêcher. Après quelques péripéties dont je ne me vanterais pas ici, (rien de très répréhensible, tout
de même !), j'ai réussi à arriver chez ma meilleure amie avec plus de trente minutes de retard... mais je suis là !
Séquence émotion au moment de l'habillement : nous étions sa maman et moi en train d'habiller la future mariée, de lacer son bustier, d'attacher sa jupe, de lui passer les gants... et nous nous
sommes regardées : elle était là, en mariée; nous vivions ce grand jour... on en a tellement parlé, on a tellement déliré sur ce jour, on a tellement imaginé de choses plus ou moins délirantes,
et ce jour est aujourd'hui... Nous sommes restées quelques minutes dans les bras l'une de l'autre, en nous disant qu'on ne pouvait pas pleurer, qu'on était maquillées... et nous avons donné le
départ des festivités.
Mairie... Lecture des articles du code civil... Et comme dans toute mairie qui se respecte, une chaleur épouvantable me fait me demander si on n'est pas en train de faire un remake de notre journée au hammam... Echangement des oui... Ca y est ! Ils sont mariés ! Applaudissements qui n'en finissent plus. Je verse ma
larme, avant de me retourner vers une copine : "ça va là, je ne ressemble pas à un panda ?". "Non, MC, ça va, ton maquillage n'a pas coulé !".... Ouf, personne ne va me déposer
au zoo !
Cérémonie religieuse. Je vois ma meilleure amie qui regarde chaque personne, les unes après les autres. Je la connais, elle essaie de" prendre des photos mentales" comme dirait JCVD, de se
souvenir de chacun. On décèle l'émotion chez les jeunes mariés. Le prêtre nous fait un serment digne de Florent Pagny : "Il faut savoir aimer blablablabla... Apprendre à aimer, c'est
blablablabla...". J'ai bien regardé, il n'avait pas de petite barbichette tressée, il ne sentait pas les "herbes aromatiques", et je ne le vois pas en train de chanter "ma liberté de penser"...
Ce n'était pas lui ! (et j'ai encore failli attraper un fou rire...) J'ai eu
une petite pensée pour les fans de Bridget Jones quand il a dit : "Il faut savoir dire à l'autre qu'on l'aime tel qu'il est". (Marc Darcy, sors de ce corps !... ). Et surtout, luxe
suprême, il a zappé que je devais lire la prière d'intercessions et il l'a lue tout seul comme un grand...
Et enfin, la noce. Le lieu était superbe. L'ambiance extra. Les invités très sympathiques. Le repas succulent... et j'ai fait un remake de la princesse aux pieds nus (sauf que moi, je suis une
vraie fausse princesse) : dès que j'ai commencé à danser, j'ai enlevé mes chaussures et j'ai passé la fin de la soirée pieds nus, c'est vraiment comme ça que je me sens le mieux (oui, c'est
complètement contraire à mon addiction sévère aux chaussures !); et comme je suis plutôt du genre à squatter la piste de danse, j'ai fini la soirée en "princesse aux pieds noirs"... Et puis,
plein de moments d'émotions divers et variés, beaucoup de rires, des surprises étonnantes, des embrassades, des accolades, des étoiles dans les yeux, des mercis...
Après une courte nuit, nous nous sommes retrouvés chez les jeunes mariés pour une journée à 34 500 calories par heure. Les enfants en train de courir partout en riant, les ados au bord de la
piscine en train de s'amuser et les adultes en train de parler et de rire encore et encore (c'est que le début d'accord, d'accord).
Et voilà... C'est fini.
Mais, pas totalement.
Nous emportons chacun de jolis souvenirs de ce moment. J'ai vu mes amis rayonnants comme jamais. J'ai entendu ma meilleure amie me dire qu'elle n'aurait jamais pensé que tout soit si parfait.
J'ai appris à mieux connaître et apprécier certaines personnes... et je suis heureuse, tout simplement...
[Comment ça, il manque quelque chose ?....
Ah oui ! MiniBri... Elle a été ADORABLE ! Vraiment, j'aurais regretté qu'elle ne soit pas là parce que pour le coup, je suis certaine qu'elle va garder un beau souvenir du mariage de sa marraine.
Elle s'est amusée comme jamais....
Autre chose ?
La Carioca ?... Ah oui, j'en parle demain !]
Par MamanCelib
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