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P'tite maman...

Lundi 2 novembre 2009
Voilà ce à quoi ressemble ma vie depuis quelques temps :




Je rassure ma famille et mes amis, je ne suis pas devenue blonde et je n'ai pas investi dans des fringues années 70 sous prétexte d'être vintage. Je ne me suis pas laissée pousser la barbe non plus (euh... attendez, je vérifie... non, je confirme !)

Non.

C'est pire que ça.

C'est MiniBri. A elle seule, ma fille est devenue les trois personnages de ce sketch. Elle chante. Tout le temps. N'importe quoi.

Dans le meilleur des cas, elle chante une "vraie" chanson : une comptine de l'école, ou une chanson qu'elle a entendue avec moi. Même si mes nerfs sont mis à rude épreuve quand elle chante du U2 en yaourt, je trouve ça toujours mignon.

En revanche, quand elle chante tout ce qu'elle fait, tout le temps, là, je dois avouer que j'ai déjà plus de mal : "lalalala... je mets ma chaussette... lalalala... je mets mes pantoufles...lalalala... je fais des dessins...". Là, c'est la version soft. Parce que dans la version moins glamour, j'ai même droit aux détails de ses passages aux toilettes... mais en chanson, ça change tout... ou pas ! Et c'est ça, quasiment toute la journée !

J'en entends déjà qui disent qu'avec l'exemple que je lui donne, ça n'est qu'un juste retour des choses. Ah, mais, je ne suis pas d'accord. Oui, je chante... mais pas toute la journée. Je réserve ça exclusivement à mes séjours en voiture. Et puis, je ne chante pas ce que je suis en train de faire : "lalalala... je mets mon clignotant... lalalala.. je cale.... lalalala... je klaxonne". Là, je m'auto-internerais d'emblée. Moi, je ne chante que ceux que les autres ont déjà écrit et composé : je laisse le soin à U2, Lenny, Cali, Zazie, Mademoiselle K et autres Dionysos le soin de me fournir de quoi chanter. (C'est quand même la classe de dire qu'ils écrivent pour moi, non ?).  Je plaide donc non-coupable pour la vie en chansons de ma fille.

Ce qui m'interpelle, quand même, ce sont certaines chansons qui n'ont ni queue ni tête : "lalalala....La souris qui a mangé le portail a les oreilles vertes... lalalala..." Oui ? MiniBri, explique-moi, est-ce que la souris te représente ? Quelle est cette barrière que tu as envie de manger ? Et les oreilles vertes, c'est parce que j'ai oublié de te les laver ce matin ?... Vous pensez qu'on doit aller voir un psy ?... A moins que ma fille ne se drogue... A quatre ans... Si c'est le cas, je voudrais bien savoir ce qu'elle prend, parce que ça a l'air efficace...

Et donc, je passe mes journées à osciller entre Jacques Martin et Nagui. En vacances, ma vie est un remix de "L'école des fans" et de "N'oubliez pas les paroles". A ce rythme-là, je vais me mettre à dire "Les enfants sont formidables" toutes les cinq minutes et à me dandiner pendant que MiniBri chante. Si MiniBri a de la chance, j'éviterai de lui postillonner dessus quand je lui parlerai. Je reconnais que j'ai dit que je voulais être Nagui... mais le Nagui de Taratata, pas le Nagui de "N'oubliez pas les paroles". Ce n'est pas le même titre de noblesse que je convoite !

Comme je ne veux pas brimer ma fille dans ses élans artistiques, je cohabite avec Jacques Martin et Nagui. Je réponds oui à MiniBri quand elle me demande "Elle était jolie ma chanson ?... C'est moi qui l'ai inventée !". Je la laisse jouer du piano, de la flûte, du xylophone et des maracas et beugler dans son micro... mais dans sa chambre !

Si avec tout ça, je n'ai pas droit à des remerciements le jour où elle sera sacrée "Star Private Life" d'or...


Par MamanCelib
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Lundi 7 septembre 2009
Je crois que si les choses ne changent pas, je vais changer le nom de MiniBri et la baptiser Jean-Pierre Fourras. Pourquoi ? Parce qu'en ce moment, j'ai l'impression qu'elle est en pleine mutation génétique et qu'elle se transforme, peu à peu, en une créature hors norme qui serait issue de l'accouplement incertain de Jean-Pierre Foucault avec le Père Fourras : Jean-Pierre Fourras.

Elle ne vit pas encore en haut d'une tour, affublée d'une cravate et d'un sourire hypocrite... mais, comme notre Jean-Pierre national ou notre Père Fourras, elle a toute une panoplie de questions qu'elle enchaîne les unes derrière les autres : "môman, quand est-ce qu'on mange ?... quel âge tu as ?...qui c'est qui te téléphone ?... Et pourquoi le ciel il est gris ? Et pourquoi c'est les vacances ?... Et pourquoi on est dimanche ?... Et pourquoi on va pas voir la Tour Eiffel ?... Et pourquoi je peux pas sortir toute nue dans la rue ?... C'est qui qui m'a acheté cet habit ?... "

Aaaaaaaaaaaaargh !

Stop !

Non, là, il va vraiment falloir arrêter. Ma santé mentale est en jeu. J'ai de plus en plus de mal à ne pas m'auto-détruire quand elle commence sa série de "Et môman, pourquoi...?". Je sais par avance qu'il va y avoir une dizaine de questions, pour certaines déstabilisantes, et pour d'autres, dignes d'un cours de philosophie.

Malgré tout, j'essaie de prendre ma voie de douce maman pour essayer de lui répondre le plus sereinement possible : "Je prépare à manger, bientôt... 33 ans... Parce qu'il faut s'habiller, pour sortir, ou on va attraper froid...". Je souris, je répète 245 fois la même réponse parce qu'évidemment, c'est plus la question qui l'intéresse que la réponse en elle-même.

Mais, à la 789ème question en dix minutes, mon côté mère imparfaite commence à pointer le bout de son nez. "Je n'en sais rien... Parce que c'est comme ça, je crois... Ben, tu sais, ce n'est pas moi qui décide....". Là, déjà, on sent bien que la patience est en train de faire ses bagages pour s'en aller loin, loin... ou pour sauter dans le vide sans élastique ! (Olivier Minne, retiens-moi !)

Et quand on arrive au joli score de 1500 questions avec seulement deux réponses écoutées, et deux "tu fais pipi ou caca ?" (comme je bénis le ciel de ne pas avoir d'amoureux à ce moment précis !) et trois "pourquoi il marche pas le dvd", je lâche mon "Ca ne te regarde pas... Parce que c'est comme ça" sur un ton qui n'appelle pas d'autres questions... Mais MiniBri s'en contrefiche royalement et continue d'égrener son chapelet de questions... mais avec un débit nettement supérieur à celui du Père Fourras. J'ai pensé à intégrer une clepsydre pour lui laisser un temps où elle pourrait poser toutes ses questions, mais si c'est pour qu'elle termine en hurlant "sors, sors, sors !", j'ai préféré oublier...

Il ne me reste que l'arme ultime de parfaite mère indigne. Je ne fais pas appel à un ami, mais aux jokers que j'ai dans la maison : "Dis, MiniBri, tu n'as pas envie de jouer avec tes Pet Shop / de dessiner / de faire du vélo / de regarder un dessin animé ?". Oui, je sais, c'est petit, minable et mesquin, mais la sensation d'être dans un jeu télévisé face à Jean-Pierre Foucault ou le Père Fourras ne me transporte pas de joie non plus... J'ai toujours peur que Passe-Partout ne surgisse de je ne sais où en brandissant des clés... ou qu'une musique qui fait peur se mette à résonner chez moi....

En plus, allez savoir pourquoi, MiniBri est toujours prise d'une crise aigüe de questions existentielles quand je suis au téléphone. Je ne peux pas rester plus de cinq minutes à téléphoner sans avoir un bruit de fond qui aligne les "pourquoi" et les "mômaaaaan".... Aaaaaargh !

Du coup, je suis en train de faire une véritable allergie au "Pourquoi ?".... Problème : je suis enseignante et ça fait partie des mots avec lesquels mes élèves commencent souvent une phrase : "Hey, madame, pourquoi....". J'ai l'impression d'être poursuivie par ce mot que je supporte de moins en moins. Donc, je prends sur moi et je leur réponds. L'avantage, c'est qu'avec eux, je suis à peu près sûre qu'ils ne me demanderont pas ce que je fais aux toilettes... encore que...

MiniBri est définitivement une petite fille comme les autres. Vers 3-4 ans, comme tous les enfants, elle devient curieuse et enchaîne les questions les unes derrière les autres... Même si ce n'est pas toujours facile à vivre au quotidien, je sais que c'est une bonne chose et j'espère qu'elle gardera longtemps cette curiosité... mais si ça pouvait être autrement qu'en Jean-Pierre Fourras, ce ne serait pas de refus !

En attendant, je sais qu'elle en a encore pour quelques temps à ce rythme-là... et moi, j'en ai encore pour quelques mois à avoir l'impression d'être dans un épisode de "Vis ma vie avec Jean-Pierre Fourras".

Par MamanCelib
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Mercredi 26 août 2009
J'avais déjà été touchée par le syndrome du 15 Août... là, ce sont mes obligations de maman qui me rappellent que la rentrée approche à grands pas. Et comme j'ai autant envie d'arriver à la rentrée que d'écouter l'intégrale de Carlos, je fais preuve d'une motivation proche du néant le plus total.

Il a fallu que je triture ce qui me reste de cerveau pour savoir ce que j'allais faire de MiniBri les jours de la pré rentrée : elle ne reprend que le jeudi 3, alors que moi j'ai ma réunion de pré rentrée le 1er et on accueille les élèves le mercredi 2. Et même si, d'habitude, je ne travaille pas le mercredi, là, je dois faire ma BA de l'année scolaire et sacrifier mon mercredi sur l'autel de l'EN pour accueillir ceux qui auront la chance (ou pas) de m'avoir en tant que professeur principale... Donc, opération "je case ma fille pour deux jours" : pense à 234 solutions différentes, j'essaie de faire au plus simple pour tout le monde... et de composer avec ma mère qui adore faire monter la pression, à ce moment-là : "ah bon ? Tu as besoin que je te garde MiniBri le 1er ? Tu me l'avais dit ? Non, tu ne m'avais parlé que du 2, enfin !"... Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh ! Depuis la mi-juillet, je lui parle du 1er et du 2... Aaaaaaaaaaaaaargh !... Achevez-moi avec une pelle !... Aaaaargh.... Je parle français ou pas ?... Inspire, expire... Lexomyl.... Position du lotus... Aouuuuuuuum.... Bon, après finalement, ça s'est réglé, non sans mal. Opération "je case ma fille pour deux jours" réussie.

Et puis, en parfaite mère indigne, j'ai totalement zappé un détail qui va avoir son importance pendant l'année scolaire : l'inscription à la cantine pour MiniBri. Je me suis réveillée un peu avant le 15 Août en me rendant compte de mon oubli. Mais c'était un dimanche; et le dimanche, les mairies sont fermées... et je ne m'en suis souvenue que le samedi après-midi suivant... où les mairies sont aussi fermées... Quand on a le QI d'un bulot, la vie est palpitante et pleine de surprises. Et quand, le lundi 24, j'ai enfin réussi à regrouper mes neurones pour téléphoner à la mairie aux heures d'ouverture, j'ai failli mourir d'une crise d'apoplexie aiguë  foudroyante : "Ah, mais madame, les inscriptions pour la cantine sont closes depuis le samedi 22 !".... Aaaaaargh ! Noooooooooooon ! Là, c'est MC contre le reste du monde... Il a fallu que je fasse mon couplet "bouh bouh, je suis une pôôôôôôôvre maman célibataire... bouh bouh, je n'ai aucune autre solution... bouh bouh... je vais aller me pendre à mon bonsaï... bouh bouh... Quoi ? Je peux passer rapidement ce matin ?... Merci madame, vous êtes vraiment gentille !"... Oui, je sais c'est minable de faire jouer la pitié et de me servir de mon statut de maman célibataire... C'est minable, c'est petit, c'est mesquin... Mais, aux grands maux les grands moyens... et l'opération "j'inscris ma fille à la cantine après tout le monde" a quand même été menée à bien...

Et quand j'y pense, je ne suis même pas allée à l'école voir si les listes de classes avaient été affichées, pour savoir si ma fille allait retrouver ses copines. Je ne me suis pas inquiétée, non plus, de si il lui fallait des fournitures scolaires... Enfin, en même temps, je doute qu'en moyenne section, elle ait besoin d'une calcultrice scientifque ou d'un cahier grand format, 96 pages, petits carreaux, à spirales, avec un protège cahier bleu turquoise, et surtout pas bleu ciel (amis profs psycho rigides, bien le bonjour !)... bon, histoire den pas être totalement imparfaite, j'ai quand même acheté ma cargaison de stylos rouges, mes nouveaux stylos, crayons, colles, correcteurs... J'ai horreur de me retrouver dans le rayon fournitures scolaires au milieu de ces futurs élèves et de leurs parents qui maudissent les profs d'avoir pondu une telle liste de fournitures...

Bref, ce sont mes obligations de maman qui me rappellent que la rentrée approche... Du coup, j'ai enfin monté mon cartable chez moi... Mais je ne l'ai pas encore ouvert, faut pas pousser...

Par MamanCelib
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Mercredi 5 août 2009
J'ai parfois des idées saugrenues, comme celle, par exemple, de décider de monter le vélo de MiniBri à une heure du matin. Pour les quatre ans de ma fille, j'ai enfin trouvé LE cadeau qui allait la ravir : un superbe vélo rose, avec un petit panier à l'avant et porte bébé inclus et un casque de Barbie... Problème : le vélo est dans un carton, il faut l'assembler... Et allez savoir pourquoi, en entrant dans ma chambre pour aller me coucher à une heure du matin, j'ai ressenti une envie irrépressible de le monter, là, maintenant, tout de suite.

Et comme il paraît qu'il faut écouter ses envies, je suis retournée chercher mes deux boîtes à outils. Oui, deux boîtes. Il faut dire que par les temps de célibat qui courent, j'ai eu le temps de me mettre au bricolage. Je vous rappelle que maintenant, entre autres choses, je sais monter un siphon, changer une chasse d'eau et monter des meubles Ikéa. Et, pour arriver à bricoler dignement, il faut être équipée en outils : c'est chose faite, à présent !... Sauf qu'une fois que j'ai ouvert le carton après m'être battu avec les énormes agrafes, j'ai constaté que les outils étaient fournis. Bon, d'accord, je ne vais pas sortir ma ceinture de bricoleuse, ni mon bleu de travail...

Alors, la notice de montage... Elle est là. Comme toute fausse bricoleuse qui se respecte, je préfère suivre pas à pas les instructions plutôt que de me retrouver avec un vélo qui ressemblerait à une machine à coudre. Alors... Euh... Bien... Voyons.... Euh... Le français... Les schémas... Oh, je sens que ce n'est pas gagné cette histoire... Pfff.... Et si j'allais me coucher, finalement ?... Ah non, je n'abandonne jamais en route quelque chose que j'ai commencé...

Deux roues, un cadre, un guidon, une selle, et.... plein de tubes, de trucs en plastique rose, des vis, des écrous... Oh, ça va être simple, cette histoire. (Note pour plus tard : reprocher à ma mère de ne jamais m'avoir acheté de Mécano quand j'étais petite pour m'entraîner à ce genre d'épreuves dans ma vie d'adulte).

Alors, le truc dans le trou. Ca ne passe pas. Dans celui-là ? Ah, ça passe. Et ça, ça rentre ? (Non, il n'y a absolument rien de sexuel. Surtout quand vous suez comme un boeuf à force de vous contorsionner). Voyons voir. Ah, oui, ça ressemble au dessin. Ca doit être ça. Bien... Aaaaaaaaaaaargh ! Il faut démonter ce que je viens de mettre dix minutes à comprendre, à monter et à serrer parce que j'ai oublié le truc en plastique rose qui fait toute la différence. Grrrrrrrrrrrrrr ! Et évidemment, comme j'ai tout serré au maximum pour que le vélo de MiniBri ne se désintègre pas pendant une course folle, je dépense encore plus d'énergie pour démonter et tout remonter...

Bon, ça y est, ça ressemble à un vélo. Yeah, MC, tu es trop forte. On va pouvoir m'engager dans une équipe technique du prochain Tour de France.  Il ne manque plus que les stabilisateurs. Bah, ça va être un jeu d'enfants, je suis sûre. Et là, j'ai passé plus d'une demi-heure à essayer de comprendre. Monte la première roulette. Là, il y a trop de jeu. Ca ne va pas être possible. Démonte. Remonte. Différemment... Ah, problème, là, rien ne roule.  Démonte. Essaie l'écrou ici, la vis là, la roue dans ce sens. Monte. Re démonte. Essaie complètement l'inverse. Démonte. Remonte. Aaaaaaaaaaaaargh ! Bon, finalement, je vais devoir renoncer à intégrer le Tour de France l'année prochaine; quoique, ils n'ont pas de roulettes dans le Tour de France !  Finalement, après avoir bataillé pendant plus de trente minutes, je me suis aperçue qu'il était normal qu'il y ait du jeu au niveau des stabilisateurs. Aaaaaaaaaaaaargh !

Une heure et demi. J'ai mis une heure et demi pour monter ce vélo, dont trente minutes de roulettes. Inutile de préciser que j'étais de charmante humeur quand j'ai enfin retrouvé mon oreiller... Mais bon, j'y suis arrivée toute seule ! Na ! MC, 1, le vélo, 0. Non mais oh, qui c'est le chef ?

Mais, il n'empêche que ces 90 minutes nocturnes ont vite été oubliées quand j'ai vu les yeux ébahis et la mine ravie de ma fille. Elle ne veut plus quitter son casque de Barbie et elle ne se trouve jamais à moins d'un mètre de son vélo, distance de sécurité oblige. Elle s'est découvert une véritable passion pour le vélo.... et moi, je passe mon temps à lui courir derrière...
Par MamanCelib
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Mardi 21 juillet 2009
Au cours de ces années de maman célibataire, j'ai souvent entendu cette question : "Et ça va ? Tu t'en sors ? C'est pas trop difficile ? ", au sujet de mon quotidien et de l'éducation de ma fille.

C'est bien souvent le même type de personnes qui a posé cette question : une femme, le plus souvent dans mes âges, maman et en couple. La coïncidence (ou pas) fait que la réflexion qui a suivi a été : "Je n'y arriverais pas !" ou "moi, je ne pourrais pas !".

Le problème, c'est dans que dans le quotidien d'une maman célibataire, on ne demande pas de pouvoir. On demande de faire. Point. On ne se pose pas la question de savoir si on va arriver à ceci ou cela, il faut qu'on le fasse, d'une façon ou d'une autre. On ne peut compter réellement que sur nous, donc, ça limite quand même pas mal les tergiversations autour des sujets. On doit le faire. Quand on est au pied du mur et qu'on n'a pas d'autres solutions, on ne réfléchit pas et on agit... et puis finalement, on se rend compte qu'on ne s'en tire pas si mal.

Je ne dis pas que c'est toujours facile, loin de là. Je pense notamment à la dernière fois où j'ai été malade et où je ne tenais plus debout. Je me revois, en train de préparer le repas de MiniBri, assise devant la cuisinière, en train de me dire : "Mais, p*****, pourquoi je dois gérer seule Minibri tout le temps ?". Même quand on n'est pas en état de quoi que ce soit, on a toujours la responsabilité de nos enfants. Malade ou en grande forme, je dois nourir ma fille et subvenir à ses besoins, seule.

Plus généralement, je crois que c'est le fait de ne pas pouvoir passer le relais qui est difficile : il y a des jours où on est fatiguée, malade, énervée, pas en forme, triste, où on n'a pas le moral et où on aimerait bien faire autre chose que de gérer le quatorzième caprice de la journée pour un bonbon, où on s'enfoncerait volontiers des boules Quies dans les oreilles pour ne plus entendre les cris perçants de Héritier Ier... En couple, on a la solution "Tiens, gère Héritier Ier deux minutes, là, je vais craquer"... alors que seule, on doit obligatoirement continuer à gérer Héritier Ier et oublier nos envies de craquer; on n'en a ni le temps ni la possibilité... On s'oublie complètement pour laisser la maman gérer tout ça.

L'autre inconvénient majeur, c'est le problème de garde des enfants. Quand j'étais en couple, dès l'annonce d'une réunion au travail, le père de ma fille s'arrangeait avec son boulot pour pouvoir la récupérer et s'en occuper. Aujourd'hui, dès que j'ai une réunion au travail, je suis obligée de déclencher le plan Orsec : qui est dispo pour garder ma fille pendant que je serai en conseils de classe ou réunions parents-profs ? J'alerte en priorité ma mère et ma baby sitter, et, sans solution, ensuite, j'embête les copines. Et ça, ça me m'ennuie à chaque fois : même si elles me disent et répètent à chaque fois qu'elles le font volontiers, je n'aime pas avoir à faire supporter les conséquences de mon célibat aux autres... Pour vous donner une idée, je suis déjà en pleine opération "je me triture le cerveau" pour le jour de la rentrée pour faire garder MiniBri puisque je reprends avant elle. Bref, le maître-mot de la vie d'une maman célibataire est OR-GA-NI-SA-TION !

Je crois que ce qui me pèse le plus, ces derniers temps, et c'est en relation avec le problème de garde, c'est le fait que je sois obligée de mettre ma vie de femme entre parenthèses. Non, je ne parle pas forcément de vie sexuelle, mais de vie de femme trentenaire célibataire : je n'ai ni le temps, ni la place, de sortir régulièrement, seule, avec des copines. Ou il faut que je prévois ça des semaines à l'avance. (Pour l'improvisation, il faudra repasser dans une grosse dizaine d'années). Du coup, c'est vrai qu'aller rencontrer de nouvelles têtes et éventuellement un monsieur bien sous tout rapport, ça relève vraiment du coup de chance. Non, parce que vous avez déjà essayé de séduire quelqu'un avec une petite fille de quatre ans qui est constamment avec vous, qui vous pose une moyenne de 133,5 questions à la minute et qui vous réclame de gros câlins au moment où vous essayez de la jouer "regard de velours" ? C'est mission impossible. Alors, je profite à 200% des quelques rares moments où je n'ai pas ma fille pour me ré approprier ma vie de femme... mais je dois reconnaître que les effets ne sont pas très concluants.

Mais, ce statut de maman célibataire a aussi des avantages. Et le meilleur atout de ce statut reste la relation privilégiée que je construis jour après jour avec ma fille : du fait qu'on vive tout, toutes les deux, ensemble, les liens sont forts. Je partage toutes ces joies de petite fille (youpi ! on va se baigner !) comme ses grands malheurs (je ne retrouve pas mon doudou !). Et de la même façon, elle partage mes bons moments et j'essaie de lui épargner les mauvais. On traverse tout ensemble et, forcément, les liens qui nous unissent en sont forcément profonds.

En élevant seule ma fille, il y a un autre avantage indéniable : je ne me dispute avec personne à propos de son éducation. Lorsque je dis blanc pour quelque chose, personne ne va dire noir. MiniBri ne peut pas essayer d'entourlouper un de ses parents en disant : "Môman a dit que je peux" alors que j'avais exprimé mon désaccord. Du coup, j'évite les psychodrames familiaux quant à l'éducation des enfants. Et quand j'en vois certains qui se disputent à ce sujet, je savoure ma chance à chaque fois.

Du coup, c'est vrai aussi que je lui transmets une certaine notion de liberté et d'indépendance : si nous sommes quelque part et que nous avons envie d'y rester, on y reste; nul besoin de se presser de rentrer pour préparer le repas / faire le ménage / retrouver quelqu'un. En période de vacances, on se laisse vivre au gré de nos envies sans avoir à nous inquiéter d'une tierce personne. On fait ce dont on a envie, ensemble, à notre rythme.

Et puis, par la force des choses, on se découvre des ressources inespérées. Alors qu'on a toujours été une traumatisée des araignées, on garde notre calme olympien quand notre enfant hurle parce qu'il a vu un énorme truc à huit pattes. On le rassure, on écrase férocement la bête avec le sourire... et on court s'enfermer dans les toilettes pour hurler notre traumatisme... parce que là, l'araignée était vraiment énorme. Mais bon, pour ne pas affoler encore plus notre descendance, on s'est gardé d'hurler à la mort. Si la même scène s'était produite sans votre enfant à proximité, on aurait pu vous confondre avec la sirène des pompiers. Mais bon, là, on vient de se découvrir une once de sang froid devant un truc velu à huit pattes. Inespéré.


Alors, c'est un peu tout ça, et plus encore, être maman célibataire; des inconvénients, certes, mais qui sont largement contrebalancés par la qualité des avantages. L'idéal aurait certes été que ma fille garde ses deux parents amoureux et unis, mais je crois que nous nous épanouissons assez bien dans notre famille monoparentale.

Et quand on me demande "mais comment fais-tu pour t'en sortir ?", je n'ai pas de réponse. Je fais. Quand on est au pied du mur et que cela concerne son enfant, je crois qu'on ne réfléchit pas trop : on agit. On trouve toujours les ressources nécessaires pour lui. Et puis, de toute façon, quand on n'a pas d'autre choix que celui de se débrouiller seule, on y arrive, tant bien que mal.... mais on y arrive, pour ses enfants...



Par MamanCelib
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Samedi 4 juillet 2009
Bonjour les gens ! MiniBri is speaking !

Et ben, vous savez quoi ? Moi aussi, je suis une grande : je fais comme ma môman, moi aussi, je suis en vacances. Pour mes vacances, ma môman m'avait promis de m'emmener à son école. Je sais que môman, c'est une maîtresse pour les enfants, elle aussi, mais que les enfants de sa classe sont plus grands que moi. C'est pour ça qu'elle ne leur donne jamais d'images, elle m'a dit.

Avant d'aller à l'école de ma môman, je voulais être une maîtresse, moi aussi, quand je serai grande. Mais, maintenant, je ne sais pas. Dans l'école de ma môman, c'est bizarre : il y a une cour, mais il n'y a pas de jeux. J'ai cherché un toboggan, une marelle, des trottinettes, mais je n'ai rien trouvé. C'est vraiment drôle. Moi, dans mon école, il y a tout ça, alors pourquoi est-ce qu'il n'y a rien dans l'école de ma môman ? Et même, môman m'a emmenée dans classe et il n'y a pas de dessins au mur... Elle n'est pas très jolie, du coup, la classe de ma môman...

En plus, quand je suis allée à l'école de ma môman, il n'y avait pas de grands enfants, mais que des maîtres et des maîtresses. Ils ont commencé par écouter une dame un peu vieille qui parlait et qui a donné des cadeaux à des maîtresses qui partaient. Et puis, tous les maîtres et les maîtresses ont applaudi. Et puis après, ils étaient tous debout autour des tables où il y avait des choses à boire et à manger. Tout le monde parlait. Ma môman est restée avec des maîtres et des maîtresses qui sont des copains à elle, elle m'a dit. Ils n'arrêtaient pas de rire. Après, il y en a plein qui ont dansé...

Pendant que ma môman parlait et mangeait, moi, je me suis fait plein de copines qui étaient venues elles aussi avec leur maman ou leur papa. On s'est bien amusé : on a joué à cache-cache, on a fait la ronde, on a ramassé de jolies pierres de toutes les couleurs, on a lu des livres... Mais, on avait très très chaud.

Mais, nous, les enfants des maîtres et des maîtresses, il y a un truc qu'on ne comprend pas : pourquoi est-ce que tout le monde vient nous voir en nous disant "Et alors, tu as quel âge ?". Qu'est-ce que ça peut leur faire ? Ils voient bien que je suis une grande fille, non ? Pourquoi c'est important qu'ils connaissent mon âge ? En plus, môman se trompe souvent : elle dit que j'ai quatre ans alors que je n'ai que trois ans et demi. J'aurai quatre ans cet été, pendant les vacances.

Dès que je leur dis que j'ai trois ans et demi, ils me demandent à chaque fois : "Et tu vas à l'école ?". Pourquoi est-ce qu'ils sont obligés de parler comme Dora pour me poser une question ? Ben oui, je vais à l'école. Si eux, ils vont à l'école, moi aussi, j'y vais. C'est comme môman : je suis obligée d'aller travailler à l'école. Ils devraient réfléchir un peu avant de poser des questions bêtes !


Alors, quand je n'ai pas envie de répondre encore aux mêmes questions, je me planque dans les jambes de ma mère Je fais semblant d'être timide. Et c'est môman qui répond à ma place et qui dit que je vais avoir 4 ans et que je vais
aller chez les moyens, l'année prochaine. Après, ma môman me fait les gros yeux parce que je n'ai pas été polie avec la personne qui me posait la question, mais j'ai déjà répondu plein de fois à la même question à ses autres copains et copines...

Ce qui est bizarre, quand même, c'est que ma môman, dit souvent qu'elle n'a pas envie d'aller travailler : pourtant, là, quand je l'ai vue au travail, elle a passé son temps à rire et à parler. Moi, quand je suis à l'école, je travaille beaucoup et j'apprends à bien faire les lettres. Je crois que je travaille plus que môman.

Alors, si être une maîtresse, c'est parler un verre à la main, rire, poser toujours les mêmes questions aux enfants et écouter une vieille dame qui donne des cadeaux, je ne sais plus trop si je veux être une maîtresse, moi...

Par MamanCelib
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Lundi 15 juin 2009
Ah la vie de maman célibataire... Bien évidemment, j'ai largement eu le temps de m'y faire depuis trois ans : gérer les bobos et les bonheurs, me demander si je fais bien telle ou telle chose, prendre des décisions pour MiniBri, dire oui, dire non, gronder, câliner, donner confiance, et surtout aimer, tout ça je le fais seule... et ce qui me paraissait presque insurmontable il y a encore quelques années est simplement devenu mon quotidien.

Mais, le gros point noir de cette vie de maman célibataire reste les problèmes de garde. Quand, pour des raisons X ou Y, je ne peux pas avoir ma fille avec moi, je déclenche le plan Orsec. Je fais virer au rouge mon réseau de garde pour MiniBri.

Premièrement, c'est vers ma mère que je me tourne : ma fille aime passer du temps avec sa mamie et l'inverse est vrai, également. Mais, ma maman a une profession qui fait qu'elle ne peut pas toujours avoir un jour de congés pour s'occuper de MiniBri. Et puis, je reconnais aussi que ça m'embête "d'imposer" ma fille à ma mère pendant ses jours de congés. Elle aussi a besoin de ses jours de congés pour se reposer et prendre soin d'elle.

Deuxièmement, c'est ma baby sitter que j'appelle à la rescousse. Tout le monde est content : MiniBri qui l'aime bien, ma baby sitter qui gagne un peu de sous et moi qui ne paie pas très cher. En plus, c'est vraiment la solution de facilité : je rentre à la maison, MiniBri est douchée, a mangé et est ravie de me retrouver... Que demander de plus ?... Si, peut-être que ma baby sitter soit plus disponible : elle est à l'âge où on sort tous les samedis soirs, où on va d'un petit boulot à un autre... et, du coup, ça restreint pas mal les créneaux horaires...

Troisèmement, les copines. C'est là où je suis le plus gênée, malgré leurs nombreux "si tu as besoin pour faire garder MiniBri, n'hésite pas !". A chaque fois, je suis contrariée par le fait "d'embêter" les copines avec mes problèmes de mamans célibataires. Mais, quand je n'ai pas le choix, je crie à l'aide et c'est souvent MissB qui me dépanne... Mais MissB, comme d'autres copines, font partie de l'EN et nous avons toutes nos journées intenses au même moment. Il y a aussi celles qui habitent trop loin  pour que je puisse envisager de leur laisser ma fille sans faire 60 kilomètres supplémentaires aux 120 que je fais déjà quotidiennement.... et puis, j'ai toujours l'impression d'abuser quand je demande ce genre de services.

Et là, il se trouve que je suis dans une période où j'ai besoin de faire garder ma fille : samedi dernier, c'était la deuxième partie de l'enterrement de vie de jeune fille de ma meilleure amie; lundi et mardi soir, je suis en conseil de classe; le 27, c'est le mariage de mon amie.... Et là, je suis plutôt bloquée...

Pour la deuxième partie de l'enterrement de vie de jeune fille de ma meilleure amie, samedi dernier, je n'ai pas pu y aller...à mon grand regret. Ma re ne pouvait pas se faire remplacer, ma baby sitter n'est jamais dispo le samedi soir et les copines étaient prises. J'ai tourné et retourné le problème dans tous les sens. J'ai cherché. Je n'ai pas trouvé. Certes, il y a des amis de ma re qui se sont proposés, mais laisser MiniBri chez des gens qu'elle a croisé peut-être une heure en tout dans sa vie de trois ans et demi, ça n'est pas possible. Donc, après avoir préparé l'enterrement de vie de jeune fille, je l'ai vécu à distance grâce aux textos, MMS hier et mails aujourd'hui... DIre que je suis déçue n'est rien à côté de ce que je ressens.

Pour mes conseils de classe, lundi, MiniBri est chez ma re... Mardi, re problème. Mamie ne peut pas se faire remplacer; les copines sont aussi en conseil de classe; ma baby sitter est partie en vacances... Et je fais quoi, là, moi ? J'emmène ma fille assister aux conseils du troisième trimestre ? En plus, je ne peux pas dire que je n'y vais pas, il y a, entre autres, celui de la classe dont je suis prof principale... Au bout de deux millions de coups de fil, c'est finalement mon père qui ira récupérer MiniBri. Mais, j'ai une petite inquiétude : MiniBri n'est jamais restée chez seule chez mon père et sa femme, et on ne peut pas dire que je les sente super enthousiastes... Mais, je n'avais aucune autre solution.

Et pour le mariage, moi qui comptais profiter comme jamais de cette noce tant attendue, j'aurais ma fille avec moi, finalement. Ma re n'a pas trouvé, pour le moment, de solution pour se faire remplacer. Je ne peux pas demander à ma baby sitter de gérer ma fille tout un week-end. La seule personne à qui je faisais suffisamment confiance pour laisser MiniBri un week-end était MissB, mais elle aussi a un gros truc prévu à cette date-là. Donc, j'emmène MiniBri. Mais, MiniBri n'aura pas fait la sieste l'après-midi. Ca veut dire qu'elle risque d'être vite fatiguée, le soir, et donc d'être insupportable. Et là, mon envie de profiter du mariage, de danser, de faire la folle, bref de m'amuser, je peux me la mettre derrière l'oreille...

J'adore ma fille, je suis heureuse quand elle est avec moi, mais... ces problèmes répétés de garde commencent à sérieusement me bouffer la vie. Chaque sortie à prévoir est un réel casse-tête avec les questions : "Vais-je pouvoir faire garder ma fille ? A qui vais-je demander ça ?". C'est usant. Téléphone. Demande si blablabla. Et réfléchis. Et culpabilise d'embêter Machin, Truc et Bidule à cause de ton statut de maman célibataire : ma fille, je l'élève seule, je l'assume seule, mais je ne peux pas la garder seule... C'est aussi ça être une maman célibataire...

Donc, si vous avez une Mrs Doubtfire en stock, je suis preneuse... Dans le pire des cas, même une Super Nanny fera  l'affaire...
Par MamanCelib
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Dimanche 24 mai 2009
Je suis la première à râler que je manque de temps pour moi, et pour moi seule. Je le revendique, je m'en plains, je m'imagine ce que je ferais si je pouvais avoir du temps libre, je râle, je peste contre tous ces aléas qui font que chaque minute m'est comptée... Bref, je rêverais de moments à moi...

Or, il se trouve que jeudi soir, ma fille est partie dormir chez ma mère : et oui, à trois ans et demi, elle fait le pont; moi, à trente trois ans, je vais bosser. Cherchez l'erreur.


Je vous avoue que j'étais soulagée de voir ma fille partir dormir chez sa mamie. Elle était surexcitée. Du moment où sa mamie avait mis un pied dans la maison, ma fille s'est transformé en kangourou. Et que je saute à droite, et que je saute à gauche... Et que je n'arrête pas de parler, de chanter, de marcher, de courir, de sauter sur un pied, de mettre la tête à l'envers... En dix minutes, MiniBri m'a épuisée (et ma mère se décomposait !). Intérieurement, je fantasmais déjà sur ma soirée. Et quand ma fille est partie, après l'énorme câlin de rigueur, j'ai eu un petit pincement au coeur... que la perspective d'une soirée pour moi seule a vite effacée.


J'aurais pu m'organiser pour sortir. Certes. Sachant que la moitié de mon entourage était partie pour ce long week-end de quatre jours et que l'autre moitié bossait, comme moi, le lendemain, cela posait forcément  problème. Donc, ce n'est pas ce soir-là que j'aurais pu aller au Macumba Night danser la Macarena et faire frétiller mon string... Comme c'est regrettable... ou pas...


Du coup, MissB et moi avions projeté d'aller voir  "Je l'aimais" au cinéma. Moi qui avais tant aimé le livre, je meurs d'envie de voir ce qu'il donne sur grand écran. J'ai eu ma lueur d'intelligence mensuelle en pensant à aller consulter les horaires : oh, pas de chance, ils ne le diffusent que l'après-midi, dans le cinéma le plus proche. (Qui a dit que j'avais la loose ?)... MissB a une crise de sinusite, en plus... Bon, ok, chacun chez soi...


Mais là, si j'avais eu un soupçon de logique, je me serais dit : "Qu'à cela ne tienne, MC, fais-toi couler un bain avec des huiles essentielles. Mets-toi de la musique que tu aimes. Allume des bougies dans ta salle de bains. Et profite de ce moment de détente, de calme... Inspire... Expire...".


A la place, j'ai joué à la prof qui n'a que son boulot dans sa vie et... j'ai corrigé des copies en buvant une tisane. Ah, là, la glamour attitude en prend un coup, hein... Non, mais sérieusement : pour un soir où j'étais libre comme l'air, la seule chose exaltante que je trouve à faire, c'est de corriger mes copies. Je suis pitoyable. Je me mettrais des coups de stylos rouge quand je réagis comme ça ! L'Education Nationale est en train d'avoir ma peau... A ce rythme-là, je vais passer mes mois de Juillet et Août à préparer mon année scolaire 2009-2010... Aaaaaargh.... Appelez un exorciste, vite !


Je dois être possédée... et c'est peut-être pour ça que pendant que je corrigeais mes copies, je me suis soudainement arrêtée, croyant entendre ma fille qui m'appelait... Jeanne d'Arc, sors de ce corps, les anglais ne sont pas là !
... et MiniBri est chez sa mamie !

C'est peut-être ce qui explique, aussi, qu'au moment du coucher, je me suis retrouvée bien désemparée : d'habitude, je passe dans la chambre de MiniBri pour lui faire un dernier bisou et recevoir mon dernier élan de tendresse du jour. Là, il n'y avait que ses peluches, dans son lit...


C'est sûrement la raison pour laquelle je suis partie travailler, vendredi matin, avec un sentiment étrange : certes, j'avais dormi une heure de plus, mais je n'ai pas eu les gros câlins de ma fille pour bien commencer la journée et me donner la force de tenir jusqu'au soir...  Par contre, quel bonheur de ne pas partir le matin avec l'oeil sur la montre our calculer son timing :  réveiller MiniBri, l'habiller, la coiffer, prendre ses affaires et les miennes, déposer MiniBri chez ma mère ou à la garderie, repartir, autoroute, collège... Là, tout a été fait dans le calme le plus complet... mais avec un gros manque de bisou...

Je crois que je suis possédée par un truc qu'on appelle l'amour maternel....
Par MamanCelib
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Lundi 18 mai 2009
Bonjour les gens ! MiniBri is speaking !

Ca faisait un moment que je n'étais pas venue vous voir, hein ? Mais, en ce moment, je suis très occupée : laver mes bébés, faire manger mes bébés, jouer avec mes Pet Shops, regarder Madagascar pour la 256ème fois et ranger ma chambre... Je ne sais pas pourquoi, Môman veut toujours que je range mes jouets dans mon coffre à jouets. Moi, j'aime bien quand mes jouets sont partout dans ma chambre et Môman manque tomber en marchant dessus. C'est très drôle !

En ce moment, ma Môman n'arrête pas de me dire qu'elle est très fière de moi et que je suis une grande fille.


Quand ma maîtresse que j'aime lui a donné un papier important, Môman m'a regardé avec un grand sourire et m'a dit : "Waouh, tu passes chez les moyens, ma fille ! C'est bien ! Tu as drôlement bien travaillé, cette année !".

Ah mais moi, je ne veux pas passer chez les moyens. Je les aime bien les copains de ma classe. Et j'adore ma maîtresse. Elle est très gentille et très rigolote. Elle fait parfois des blagues un peu bêtes, mais elle est marrante.
Mais, c'est vrai, j'ai drôlement bien travaillé, cette année : j'ai fait des jolis dessins, j'ai appris à écrire mon prénom, je sais reconnaître toutes les lettres, j'ai fait de la pâte à modeler, de la peinture et j'ai appris plein de nouvelles chansons. Moi, j'aime très beaucoup travailler. (Très beaucoup ? Ah, oui, Môman dit qu'il faut dire... beaucoup fort ?... ou autre chose ?).
Je ne comprends pas pourquoi Môman n'a pas toujours envie d'aller travailler : je suis sûre qu'à son école, ils font aussi de la peinture et de la pâte à modeler, comme à mon école. C'est pour ça que je demande tous les jours à ma Môman quand est-ce qu'elle va m'emmener à son école à elle.

Et puis, ma môman n'arrête pas de me dire qu'elle est fière de moi parce que je dors sans susu, maintenant. Un jour, j'ai vu à la télé un grand garçon de mon âge qui mettait sa sucette dans une enveloppe pour l'envoyer au Père Noël pour avoir encore plus de cadeaux. Quoi ? Papa Noël envoie plus de cadeaux aux enfants qui lui envoient leur sucette ?

Le même soir, quand j'étais dans mon lit avec mon popples et mon doudou, j'ai donné ma susu à ma môman pour qu'elle l'envoie au Père Noël. Môman m'a demandé si j'étais sûre de ne plus jamais vouloir ma susu. Attends, Môman, il est question du Père Noël et de cadeaux , là ! Je suis sûre de ne plus vouloir de susu, oui... et comme ça, j'aurai encore plus de cadeaux à Noël quand j'aurai quatre ans comme ça et qu'il fera froid.

Et même que ma môman me dit toujours qu'elle est fière de moi et mes goûts musicaux. Quand elle veut mettre de la musique, je lui dis souvent que je veux Youtou ou Lenny Krabit, même si je ne comprends pas ce qu'ils chantent. Bon, je préfère quand même mes chansons de l'école...

Môman me dit que je suis une grande fille. Pourtant, quand on fait la taille, elle est encore plus grande que moi, mais bientôt, je serai grande comme elle... et comme ça, je pourrai me maquiller et me mettre du "sent bon" comme elle...

Bon, je dois vous laisser, Môman veut encore que je range ma chambre...
Par MamanCelib
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Mardi 14 avril 2009
Quand nos enfants commencent à babiller, on attend impatiemment leurs premiers mots : on guette le premier "maman" (que Bébé dira avant papa, évidemment.... enfin, c'est ce qu'on espère !), on s'extasie de la politesse de Bébé en entendant ses premiers "ma'ci"... et puis, on s'aperçoit qu'en matière de vocabulaire, Bébé nous apprend autant de choses que ce que nous lui apprenons. Instinctivement, les parents découvrent qu'ils sont pourvus d'un décodeur intégré qui va leur permettre de comprendre tout ce que bébé veut dire.

D'ailleurs, au cas où mon décodeur se casse, je suis en train de rédiger le dictionnaire de MiniBri pour éviter tout problème de compréhension entre elle et moi.


"Abrababacar"
Mot le plus souvent utilisé avec une baguette magique à la main : "Abrabacar, ma chambre est toute rangée".
Je n'arrive pas à comprendre pourquoi "abracadabra" a subi cette transformation. Je n'ai pourtant jamais abusé de France Gall (Babacar, où es-tu, où es-tu ?)

"Chourpette"

Mot souvent employé dans la phrase "Maman, j'ai pas de chourpette" ou "Faut faire attention, la chourpette, ça pique !"
Et pourtant, MiniBri ne connait personne qui s'appelle Chour et qui a des problèmes intestinaux. La Chourpette, c'est la copine du couteau et de la cuillère. D'ailleurs, ma fille a déjà ses petites habitudes de maniaque : elle préfère amplement que sa chourpette et sa cuillère soient de la même couleur... Bree Van de Kamp, sors de ce corps !

"Cousin"

Mot généralement employé dans la phrase "Môman, je veux un cousin"
Non, MiniBri n'est pas en train d'essayer de favoriser la hausse de la natalité. Elle réclame juste son coussin pour pouvoir dormir. Alors, j'ai beau lui expliquer qu'elle ne dort pas avec son cousin mais avec son coussin, j'ai droit à chaque fois à "Môman, je veux mon cousin".

"Kaboul"

Mot toujours employé dans la chanson "Patatras, mon anorak... roule, roule, ma Kaboul"
Je vous rassure, MiniBri ne se prend pas pour l'office du tourisme de la capitale de l'Aghanistan... Mais, il a quand même fallu que je consulte le cahier de ma fille à l'école pour comprendre que Kaboul était en fait "cagoule". J'avais complètement oublié ce mot, toute préoccupée que j'étais à ne pas imposer à MiniBri les horribles cagoules rouges à bords bleus de mon enfance.

"Primpresse"

Mot fréquemment employé avec le mot "histoire" ou le mot "déguisement". "Môman, tu me lis une histoire de Primpresse ?". "Môman, il est où mon déguisement de Primpresse ?".
Dans la lignée des primpresses, je nomme Cendrillon, Blanche-Neige et autres barbies que ma fille adule en ce moment. Autant avouer que j'entends ce mot environ 2139 fois par jour.

"
Printemps"
Mot récemment employé dans des phrases telles que "Je le vois pas le printemps" ou "Môman, on peut marcher sur le printemps ?".
Alors, je dois avouer que je sèche totalement. Je ne vois pas ce que MiniBri peut appeler le printemps. Je lui ai expliqué que le printemps, c'était le moment où il ne faisait plus froid, où l'hiver était terminé, où les fleurs commençaient à sortir, où il faisait bon et tout le toutim... et bien, MiniBri garde une définition du printemps qui lui est propre...


Heureusement, plus le temps passe, plus le dictionnaire est petit... ou devrais-je dire "malheureusement"; parce que ces mots d'enfants restent un régal pour les oreilles et ils ont la capacité de nous faire sourire à chaque fois. 
Par MamanCelib
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Zesheep
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Et c'est par là qu'il faut aller voir !


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